Suidas, Oéonts
CHŒRILOS ET PRATINAS 45
autour de lui. Nous n’avons d’ailleurs aucun moyen de les discuter utilement dans le détail.
Rien d’authentique ne s’est conservé de l’œuvre du premier poète tragique d'Athènes. Quand le goût de l’histoire littéraire se fut répandu en Grèce, on sentit vivement combien cette perte étaitregrettable. Pour la réparer, quelques homines, qui avaient plus d’industrie poétique que de scrupules, relirent à leu: manière les tragédies manquantes. On n’est pas peu surpris de rencontrer parmices ingénieux faussaires le savant péripatéticien Héraclide de Pont‘. De cette fabrique d'antiquités sortirent les drames dont quatre fragments sans valeur sont venus jusqu'à nous. Suidas en a énuméré les titres: les Jeux funèbres de Pélias, Phorbas, les Prètres, les Jeunes Gens, Penthée ?. Créées par de spirituels érudits, peut-êlre ces pièces ont-elles du moins sauvé de l'oubli les noms de quelques-unes des tragédies véritables de Thespis.
Thespis représente, à lui tout seul, la première génération des poètes tragiques. La seconde figure dans l’histoire littéraire par trois noms, ceux de Chœærilos, de Pratinas et de Phrynichos. Prédécesseurs immédiats d'Eschyle, leur vieillesse a été contemporaine de son adolescence ou de sa Jeunesse. Ce sont eux, par conséquent, qui ont préparé le grand essor du genre tragique. On ne saurait trop regrelter qu'ils nous soient si mal connus. Entre leurs mains, la tragédie devient en quelque sorte une institution publique. Victorieuse des défiances et des incertitudes de l’opinion, elle a désormais sa place dans les nouvelles fêtes dionysiaques, récemment inslituées ou agrandies. L'État l’encourage en Jui réservant des prix el en constituant pour elle des cherégies spéciales à côté des chorégies dithyrambiques. Les
4, Diog. Larrce, V, 92, d’après Aristoxène.