‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 230 sur 351 · Suidas, Kpativoc · texte numérisé non relu

Suidas, Kpativoc

mis par les juges au second rang, et que, l’année suivante, il prenait une éclatante revanche avec sa comédie de la Bouteille. On est donc autorisé à dire, malgré Aristophane, que, jusqu’à la fin, il resta égal à luimême.

Les rares et pauvres fragments qui subsistent de ses œuvres ne permettent guère de l’apprécier. C’est surtout en interprétant les jugements des anciens qu’on peut se faire quelque idée de son rôle,

Un grammairien anonyme nous dit : « Ceux qui les premiers établirent la comédie sur le territoire athénien (je veux parler de Susarion), ceux-là introduisaient leurs personnages au gré de leur fantaisie et toutes leurs inventions n’étaientque bouffonneries. Cratinos sur vint, et tout d’abord il mit fin au caprice en assignant à la comédie troisacteurs ;en outre, au plaisir qu’elle procurait déjà, ilsut joindre le profit, encensurantleshommes malhonnêtes et en les flagellant au nom detousavecle fouet de la comédie. Toutefois, lui aussi, ilseressentait encore de la manière ancienne et même du caprice primitif. » Il est impossible de prendre cela au pied de la lettre; car Aristote affirme qu'on ne savait pas au juste qui avait fixé le nombre des acteurs comiques; quant aux censures, il est bien évident qu’elles tenaient à la nature même de la comédie et remontaient par conséquent jusqu’à ses origines. Ce témoignage ne prouve donc qu’une seule chose, mais une chose d'importance : c’est que Cratinos fut le premier grâce auquel la co-

médie apparut comme un genre constitué, ayant ses

lois, ses habitudes prises, assujetti à une forme à peu près constante, et cela avec un air de liberté, de har-

diesse et de grandeur qui fit oublier soudain tout ce qui

avait précédé. D’autres poètes avant lui avaient usé de la raillerie; mais celui-ci avait une façon de railler, qui

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