‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 235 sur 351 · CD RO · texte numérisé non relu

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est connu que d’une manière générale. On nous dit bien que le x5odaË était par excellence la danse comique !; mais il ne résulte pas de là que ce fût la seule dont elle fit usage. D'ailleurs le cordace — ou plutôt, comme dit Pollux, les cordaces — constituait sans doute un genre dont les espèces étaient assez nombreuses et variées. C'était une sorte de sarabande, violente et déréglée jusqu’à l’obscénité, et caractérisée principalement par des déhanchements et des bonds ?. Il est clair qu’une telle danse ne pouvait en aucune façon convenir aux passages où la comédie affectait une certaine gravité. Il y avait des marches rythmiques presque solennelles, comme par exemple l’entrée des Nuées dans la pièce qui portait leur nom; puis des pas plus rapides, mais pourtant assez graves encore, comme quand le chœur ‘des femmes, dans les Fêtes de Déméter d'Aristophane, célébrait la danse sacrée 3. Enfin, à certains moments, le caractère mimique prédominait, surtout dans les parodies dont l’usage était si fréquent #. Lorsque Carion dans le Ploutos contrefaisait avec le chœur le Cyclope de Philoxène, lui, en berger, marchant devant et se trémoussant, tandis que les choreutes venaient par derrière et bêlaient comme un troupeau 5, la danse ne pou-

1. Pollux, IV, 99; Lucien, Danse mimique, 22, 26; Anecdota de Bekker, p.101, 6.

2. Schol, Aristoph. Nuées, 540 : Képôaë xourxn, Ari aicypos xivei tnv 6ov0v. Eupolis, fr. 71 Kock : "Os xarws pv Tuumavi£sie — xat drx- Yadker Tpiywvors — némixveis Tais xoywvaLs — xal melbers dvw GAÉdN. L’expression x6pôay” Ehxei indique un défilé, une chaîne de danseurs. Les mots xoùpov é£opuäv moda (Aristoph., Féles de Déméler, 659) nous donnent une idée des mouvements.

3. Fêle de Déméter, 947. Danse sacrée des initiés, Grenouilles, 382. |

4. Le chœur accompagnait quelquefois par une danse mimique les tirades des acteurs, surtout celles qui étaient en tétramètres, anapestiques, iambiques ou trochaïques. Schol. Aristoph. Nuées, 1352 (Bergk, Griech. Liter., IIT, 155).

d. Ploutos, 288 et suiv.

vait avoir tout son effet comique qu’à la condition de rappeler aux spectateurs celle qui accompagnait Le dithyrambe. En fait de sauteries diverses comme en fait de chants, la fantaisie régnait en maîtresse dans la comédie.

La variété des rôles attribués au chœur comique étant extrême, celle des costumes devait l’être également !. Toutefois, ici comme à propos de la mise en scène, il faut certainement tenir grand compte du large crédit que lPimagination du public faisait au poète. A l’origine, avant qu’il y eût des chorégies instituées par lEtat, on s’accoutrait comme on pouvait, et on s’amusait tout autant. Aristophane, dans un curieux fragment, nous représente ces choreutes du vieux temps, qui dansaient affublés de tapis et de couvertures et portant sous Vaisselle les provisions de bouche dont on leur avait fait cadeau ?. Plus tard, les choses changèrent. Nous avons noté les inventions de Magnès; elles supposaient évidemment certaines dépenses de costume. Chez Cratinos, les choreutes paraissaient en Archiloques, en Centaures, en Argus, le corps tout couvert d'yeux grands ouverts; chez Aristophane, en Acharniens, en chevaliers, en Babyloniens, en nuées, en laboureurs, en femmes, en îles, en guêpes; chez Eupolis, en dèmes, etc. Nous sommes peu renseignés sur le détail de ces affublements ; mais ce serait se tromper à coup sûr, que de croire que les costumiers athéniensse soient proposé dans ces imitations grotesques le plus d'exactitude possible. Les Nuées d’'Aristophane étaient reconnaissables bien moins àleurslongues robes bariolées ? qu’à leurs paroles et à leurs chants. Ses Guêpes n'avaient d’autre insigne que la finesse de leur

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