À, Müller, ouv. cité, p. 245 et suiv
5. Voir particulièrement à ce sujet les Re CIRE figurées dans Wieseler, Denkmüler des Bühnenwesens, pl. III et IX.
simulés sous ce maillot, on faconnait à volonté des abdomens proéminents, des croupes rebondies, des bosses invraisemblables. Ainsi qu'on l’a remarqué 1, ces couleurs crues et criardes, ces AUD rayées appartenaient au culte dionysiaque autant qu'à la comédie. Les vêtements de dessus, tuniques diverses et manteaux, rappelaient davantage la réalité ; ils marquaienti plus ou moins, d’après les conventions de la mode, le rang et la façon de vivre des personnages, mais toujours avec cette part de fantaisie qui était une des nécessités du genre. Lorsque Lamachos, dans les Acharniens, paraissaiten scène, prêt à faire campagne, équipé en taxiarque, il est clair, d'après la scène, que son costume était bien celui d'un chef militaire athénien, mais que certaines parties en étaient modifiées Hbrement pour le rendre ridicule. L’énormité du panache, la monstruosité de la gorgone qui se dressait sur le cimier du casque, sans doute aussi la longueur de la lance et la concavité de la cuirasse de guerre, aussi ventrue que la marmite de Dicéopolis, voilà ce qui excitait le rire du peuple. Ajoutons que, pour certains rôles de fantaisie pure, le poète ne pouvait manquer de créer à son gré les accoutrements de ses acteurs, en collaboration sans doute avec le costumier. Nos féeries modernes sont assez propres à nous donner l'idée de ce genre d'inventions.
Comme l'acteur tragique, l'acteur comique était masqué. L'histoire des perfectionnements du masque comique était ignorée déjà dans l'antiquité ?; et les renseiwnements que nous possédons sur ce sujet curieux s’appliquent en général à la comédie nouvelle bien plus
1, À, Müller, ouv. cité, p. 248.
2. Aristote, Poétique, ©. 5 : Tiç dë mpocwna PR nyvontaum Il semble résulter du tour de cette phrase que, dans la pensée d’Aristote, le masque n’était pas contemporain des débuts de la comédie ; il le considérait comme une invention plus récente.