LES MASQUES, LE PUBLIC
qu'à l’ancienne. Celle-ci avait-elle, comme la tragédie contemporaine, un petit nombre de masques typiques, appropriés à des catégories entières de personnages ? Nous l'ignorons. Il semble que ceux dont elle usait fussent en général des caricatures carnavalesques, destinées avant tout à provoquer le rire par leur seul aspect : quelquefoisces caricatures reproduisaient d’une manière plus ou moins frappante les traits d'hommes connus !; plus souvent elles n'étaient que grotesques. Les oiseaux d’Aristophane montraient un bec si prodigieux qu'Évelpide éclatait derire en les voyant ?; et, quand le héraut, dans les Acharniens, annonçait solennellement Pseudartabas, « l’œil du roi », on voyait paraître un personnage solennel, avec un œil énorme qui lui tenait tout le visage *.
Ce qui a été dit plus haut du public de la tragédie s’applique aussi à celui de la comédie. On a souvent mis en doute, il est vrai, que les femmes fussent admises aux représentations comiques. À notre point de vue en effet, cette exclusion eùt été bien naturelle, étant donné le caractère licencieux des pièces. Mais il faut reconnaître que les textes anciens simplement interprétés n’autorisentpasà y croire*. Les femmes et les enfants assistaient à la comédie comme à la tragédie et au drame satyrique. Dans l'opinion des contemporains, le caractère religieux de la fète en corrigeait l’inconvenance.
Ces indications rapides permettent de se représenter
1. Pollux, IV, 143 : Ta Cë roma moôcuwnma Tù pEv The nakatç xw- Wwdias de To ToŸ Tois TpoowToI, WY ÉXWHHOOUY AmEtxACETO N ÈTL TO YEhOLÔTEpOY ÈS YNUATIG TO.