Phérécrate, fr. 79 Kock
” 4 A … Avdpes, TROGGYETE TOY VOIV ÉBSVONUATL KXOLVO, OUUTTUATOLS AYATAITTOLS.
médie de celle de la tragédie, c'est la dissemblance profonde des stasima tragiques et des parties équivalentes de la comédie. Ces parties sont la parodos, la parabase, et les divers intermèdes chantés par le chœur.
La parodos comique n’a rien de l'allure grave et souvent pompeuse de la parodos tragique. Il n’est pas un morceau de ce genre, dans toutes les pièces subsistantes d’Aristophane, qui se compose d’une série régulière de strophes et d’antistrophes. La parodos, dans la comédie, a sa nature propre: c’est une scène succédant au prologue, un morceau dramatique plutôt que Iyrique. Cette scène est un mélange de chants, de récitaüfs, de simple dialogue ; elle comporte toujours une assez vive animation, qui va, si l’occasion le veut, jusqu’à la turbulence. Les choreutes échangent leurs impressions, souvent très ardentes, ils interpellent les acteurs, 1ls se querellent avec eux. Parfois le rôle choral, qui est le fond de la parodos, est interrompu ; une scène épisodique vient s’y intercaler et coupe l’ensemble en deux morceaux, en l’élargissant par là même. Une parodos comique est en conséquence beaucoup plus étendue qu’une parodos tragique ; et quant à l'aspect général, quant à la structure intime, c’est tout autre chose. Prenons comme exemple celle des Guépes. Quand Bdélycléon et ses esclaves ont réussi à empêcher la fuite du vieux Philocléon qui veut aller juger à tout prix, quand ils croient le tenir, voici le chœur des vieillards héliastes qui entre dans l’orchesira, accompagné d’un -second chœur, troupe d'enfants qui les guident, ‘la lampe à la main, car le jour ne fait encore que poindre. Les vieillards s’encouragent mutuellement, ils se hâtent ; ils donnent des avis aux enfants, ceux-ci les prennent mal ; brève dispute ; puis les héliastes se
4. C’est le cas des Acharniens. La procession phallique de Dicéo-
polis intervient au beau milieu de la parodos.
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demandent ce que fait leur ami Philocléon qui ne parait pas, et, pensant qu'il tarde à s'éveiller, ils s'arrêtent devant sa maison pour chanter. C’est la première partie de la parodos ; elle est faite d’un dialogue en tétramètres trochaïques, probablement récité d’une allure rapide avec accompagnement de la flûte. Vient le chant proprement dit, une strophe et une antistrophe, sorte d’aubade fantaisiste et satirique ; ils s'inquiètent de l’absent, ils le croient malade du regret d’avoir vu acquitter un accusé, ils l'encouragent en lui promettant une réconfortante condamnation. À ce chant d’ensemble, qui forme une seconde partie bien distincte, succède un dialogue Iyrique entre les vieillards et les enfants, une querelle encore, des plaintes mutuelles ; les enfants veulent des figues, sinon ils ne conduiront plus leurs pères ; les pères gémissent sur la dureté des temps; tout le monde finit par s’accorder en criant misère et famine. C’est la troisième partie, qui termine la parodos!. Mais celle-ci se lie sans interruption aux scènes suivantes, entretien de Philocléon et du chœur, arrivée brusque de Bdélycléon, dispute, scènes également mélangées de chants et de récitatifs, très vives, très variées, qui vont à leur tour se raccorder au combat de paroles proprement dit. Ainsi non seulement la parodos est en elle-même une scène des plus animées, mais, de plus, elle donne le ton à une partie de l'épisode qui s’y rattache. Si l’on rapproche du morceau que nous avons choisi comme type les autres morceaux analogues du théâtre d’Aristophane, on s’apercevra qu’il n’y en a pas deux qui soient entièrement semblables. Une exirême fantaisie y règne comme dans toutes les parties de la comédie ancienne. Mais ces morceaux ont pour-
4. M. Zielinski englobe dans Ia parodos tout ce qui suit jusqu’à
l&ywv (317-595), C’est, je crois, donner au mot parodos une extension arbitraire. L’entrée du chœur est terminée au vers 316.
tant tous en commun certains caractères indiqués plus haut : ils sont dialogués, les chants et les récitatifs s’y croisent, ils sont tout en action. De [à résulte ce fait important, que la parodos dans la comédie ne crée pas une suspension de l’action entre le prologue et le premier épisode. Elle marque plutôt une sorte de renforcement de l’action, une accélération du mouvement après le premier groupe de scènes, et elle se rattache de la manière la plus inlime au groupe suivant, qui parlicipe en généralde son caractère. Si l’on se reporte à l'explication historique des choses, la parodos ne marque-t-elle pas le moment où la comédie primitive, représentée par le chœur, fait irruption, avec sa pétulance bouffonne, dans la comédie plus savante à qui appartient le prologue ?
Après la parodos se présente à nous dans le rôle choral la parabase ‘. Chacun sait qu’on appelait ainsi une sorte d'intermède, spécial à la comédie ancienne. A la fin de l'épisode qui suivait immédiatement la parodos, la scène étant vide par le départ des acteurs, les cho- reutes groupés dans l’orchestra se dépouillaient de leurs manteaux ?, faisaient volte-face, et, tournant le dos à la scène, s'avançaient de quelques pas vers les spectateurs. Ce mouvement était accompagné par un chant très court, le xouwartoy. À ce chant succédait une sorte de discours du coryphée, débité sans doute avecaccompagnement de la flûte; c'était ce qu’on appelait /es Ana-
pestes, en raison du rythme ordinairement employé; ce
1. Les textes anciens sur la parabase sont réunis dans Hermann, Elementa doctrinae melricae, p.720 et suiv. Principaux ouvrages modernes : Agthe, Die Parabase, Altona, 1866-68; Genz, De Parabasi, Berlin, 1865 ; C. Kock, De parabasi, Anclam, 1856 ; Zielinski, ouv. cité, p. 175; J. Combarieu, De parabaseos parlibus et origine, Paris, 1894. Voir aussi Westphal, Prolegom. zu Æschyl. Tragoed., p. 30.
2. Acharniens, 626 : ’AXX’ dnodvvrsc vois avamaiotois Emiwmev. C'est la formule, plusieurs fois répétée.
discours se terminait par /a longue phrase (uwaxoiv) récitée tout d’une haleine; on l'avait surnommée plaisamment l’éfouffement (rvyos). En général, dansles anapestes, le coryphée parlait au public du poète et de ses rivaux. Ges trois morceaux constituaient ensemble un groupe qui formait La première partie de la parabase. — La seconde partie était composée de quatre morceaux symétriques quise correspondaient deux à deux : une strophe lyrique (60), puis un couplet de seize tétramètres trochaïques ! déclamés sans doute au son de la flûte, l’épirrhème (éxigénuzx); auxquels répondaient dans le même ordre une antistrophe (4-w0%) et un antépirrhème (dvrerioénpux). Ces quatre morceaux n’avaient pas de destination bien constante : cependant, d’une manière générale, il est vrai de dire, que, dans la strophe et l’anlistrophe, on invoquait les dieux, tandis que, dans l’épirrhème et l’antépirrhème, on se moquait des gens. — C'est là le type de la parabase complète, telle que nous la trouvons dans les Acharniens (v. 626-718), les Chevaliers (v. 498-618), les Nuées (v. 510-626), les Guépes (v. 1009-1121), les Oiseaux (v. 676-800), c’està-dire dans les pièces les plus anciennes d'Aristophane : on est en droit de penser sans doute que c’est là la forme qui était en usage au temps de la jeunesse du grand poète. Toutefois la Pair, qui est antérieure aux Oiseaux, nous offre une parabase réduite (v. 729-818), à laquelle manquent lesépirrhèmes. Lysistrate n’a point de parabase à proprement parler, mais un morceau
4, .Exceptionnellement ces tétramètres peuvent être péoniques. Le nombre de seize est normal. On en trouve « quelquefois vingt, rarement huit, toujours un multiple de quatre » (Weil, art. cité, p. 534). M. Christ (Metrik, p. 666) en a induit que ces morceaux étaient débités par les quatre rangs du chœur successivement ou par leurs chefs. M. Weil fait remarquer justement (pass. cité) que la poésie grecque affectionnait les couplets tétrastiques. Il n’y a donc rien à conclure de la forme de ceux-ci.
d’une structure spéciale, quien tient lieu (v. 614-705) 1. Dans les Fêtes de Déméter (v. 785-845), nous trouvons une parabase composée des anapestes sans x0pLdTtoy et d’un seul épirrhème; toutes les parties lyriques ont donc disparu. Les Grenouilles aussi ont une parabase incomplète (v. 615-731) : elle offre une strophe et son anlistrophe, un épirrhème et son antépirrhème de vingt vers, mais point de xoppärtoy ni d'anapestes, ni de mytyos 2. L'Assemblée des Femimes * et le Ploulos n'ont point de parabase du tout. — Outre la parabase principale, les cinq plus anciennes des comédies citées renferment un autre morceau qui ressemble par sa structure à la seconde partie de la parabase normale. Gette parabase secondaire, — comme on l'appelle quelquefois très improprement — se place après Le troisième ou le quatrième épisode ; elle n’est en fait qu’un chant d’intermède (l'équivalent du stasimon tragique) d’une forme particulière. Dans les Acharniens (v. 971), elle comprend deux strophes péoniques; dans les Chevaliers (v. 1263), une strophe et une antistrophe, un épirrhème régulier et son antépirrhème; dans les Muées (1114) un épirrhème seulement; dans les Guëpes (1265) une strophe sans antistrophe, un épirrhème et un antépirrhème inégaux entre eux; dans la Paix (1127), une sirophe et son antistrophe, un épirrhème régulier et son antépirrhème. Quelques-uns de ces morceaux sont sans doute défectueux par suite de l’état du texte.
On doit, d’après ces indications, distinguer, avec