‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 245 sur 351 · D'ACTION · texte numérisé non relu

D'ACTION

capricieuse de la comédie primitive revit dans ces petites compositions, lestes et joyeuses; charmant souvenir du comos rustique, dont elles ont gardé Ie sans-gêne, l’audace ct les saillies imprévues.

De ces faits rapprochésles uns des autres, il réculte que la liaison des parties est assez différente dans la comédie et dans la tragédie. Les stasima tragiques marquerft un certain nombre de pauses dans l'action, d'importance à peu près égale. Dans la comédie, il n’y a vraiment qu'une seule pause, deux tout au plus, celles de la parabase et des chants épirrhématiques. En dehors de cela, les séparations comptent à peine, tant elles sont légères. Toutefois, elles ont ceci de propre, que, dans ces courts intervalles, la comédie se plaît à oublier son sujet pour parler de tout. Au fond, c’est toujours par nature le plus indiscipliné des genres poétiques. Assujettie, un peu maloré elle, à Punité dramatique, elle se rappelle sans cesse le temps où elle n’était qu'une série de folles chansons entremêlée de bouffonneries incohérentes, et elle ne craint pas de nous en faire souvenir, nous aussi.

Ajoutons, pour compléter ceci, que si, dans la tragédie, les chants du chœur n’ont cessé de se simplifier au point de vue rythmique pendant le ve siècle, il ne pou vait en être de même dans la comédie. La variété des effets y élait en quelque sorte de rigueur, puisque la puissance comique en dépendait. — Cesrythmeslyriques de la comédie sont en nature les mêmes que ceux de la tragédie, mais leur importancerelative est fort différente. Sans entrer ici dans une énumération fastidieuse, nous devons caractériser au moins cette différence par quelques remarques précises.

Le rythme crétique, presque étranger à la tragédie, tient au contraire une grande place dans les chœurs de la comédie ‘; il doit cette faveur à sa légèreté, qui lui

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