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ARISTOPHANE ET SES CONTEMPORAINS

BIBLIOGRAPHIE

MaxuscriTs.— Les manuscrits d’Aristophane qui subsistent aujourd’hui ne semblent pas avoir été encore classés d’une manière tout à fait sûre. On trouvera l’énumération des principaux dans le tome III (1° partie), p. x111, de l’Aristophane de Dindorf.

Les deux meilleurs sont : — 1° le ms. de Ravenne, Ravennus (R de Dindorf), du xr° siècle. Il contient les onze comédies qui ont été conservées, dans l’ordre suivant : Ploutos, Nuces, Grenouilles, Chevaliers, Acharniens, Guépes, Paix, Oiseaux, Fêtes de Dérnéter, Assemblée des femmes, Lysistrate, — 2° le ms. 474 de la bibliothèque Saint-Marc (Venetus 474, V de Dindorf); du x11° siècle; il ressemble de près au Ravennas, mais il ne contient que sept pièces : Ploutos, Nuées, Grenouilles, Chevaliers, Guépes, Paix, Oiseaux.

Les trois pièces qui figurent les premières dans ces deux mss. (Ploutos, Nuées, Grenouilles) sont celles qu’on lisait ordinairement dans les écoles de Byzance. Elles se trouvent par suite dans presque tous les mss., quelquefois seules.

Il va sans dire que pour les poètes comiques contemporains d’Aristophane, nous n’avons aucun manuscrit. Les fragments qui nous en restent ont été recueillis dans les divers auteurs anciens qui les ont cités.

SCOLIES. — Les scolies d’Aristophane proviennent des commentaires des savants alexandrins et des grammairiens de l'Empire et du Bas-Empire. Les principales sont celles du Ravennas. Médiocrement abondantes, elles sont précieuses par leur précision; c’est un abrégé des notes dues aux savants

BIBLIOGRAPHIE DRD

alexandrins ; elles semblent provenir d’un commentaire rédigé vers la fin du 1° siècle de notre ère par Symmachos. M. Albert Martin les a soigneusement étudiées dans un volume de la Bibliothèque de l’École des Hautes-Etudes, publié sous ce titre : Les scolies du manuscrit d’Aristophane à Ravenne; étude et collation (1 vol. in-80, Paris, 1882). Plus récemment Scholia Aristophanica codicis Ravennatis, arranged, emend. an translat. by William Rutherford, Londres 1896. Celles du Venetus 47% sont plus abondantes, mais moins pures. — Les autres mss. n’offrent en général qu’une masse confuse de commentaires oiseux et prolixes, œuvres des byzantins.

Les principales scolies d’Aristophane ont été publiées par G. Dindorf dans le tome IV (en 3 parties) de son édition (Oxford, 1839), et par Dübner dans les Scholia græca in Aristophanem, Paris, Didot, 1843.

Le Lexique de Suidas renferme un grand nombre de notes relatives au texte d’Aristophane; elles ont été extraites par le lexicographe des commentaires alexandrins et reproduisent en général les scolies du Ravennas et du Venetus.

ÉprTions.— L'édition princeps d’Aristophane est celle des Aldes (Venise, 1498); elle ne contient que neuf pièces publiées d’après d’assez mauvais mss. L'édition de B. Junta (1525) et celle d’Antonius Francinius (1525) corrigérent dans une certaine mesure et complétèrent cette édition princeps. Ainsi fut constitué un texte, qui se perpétua avec quelques corrections jusqu’au xviri° siècle.

L'amélioration sérieuse du texte d’Aristophane commença avec l'édition de Küster (1710); elle se continua par les éditions de Hemsterhuis, de Brunck (1781-83), d’Invernitz, qui reconnut la valeur du Ravennas et en fit la base de son travail critique (Leipzig, 1794-183#), de Bekker (Londres, 1829). Mais nul n’y à plus contribué que G. Dindorf; sa principale édition d’Aristophane est celle qu’il a donnée, à Oxford, de 1830 à 1839, avec une excellente annotation et une révision des scolies; le texte en a été reproduit dans l’Aristophane de Didot (Paris, 1839) et dans celui de la collection Teubner (1869). À signaler encore les éditions de Meineke (Leipzig, 1860, in-8°; et Leipzig, 14861, in-16) avec une vie d’Aristophane par Ferd. Ranke; et les deux éditions données par Bergk dans la collection Teubner (1852 et 1872).

Plus récemment, Blaydes a donné deux éditions : l’une, qui a commencé à paraître à Halle en 1880, et qui est aujourd’hui

achevée, offre une recension du texte avec un choix des principales leçons, et pour chaque pièce les scolies publiées, avec une bonne annotation; l’autre, qui ne contient que le texte avec un petit nombre d'observations critiques, a paru en deux volumes in-8°, à Halle, 1886. Mais la plus importante des éditions critiques récentes est celle de Von Velsen, continuée et revue par Zacher, Leipzig, 1869-1897. Ces éditions d’ensemble ne dispensent pas de recourir aux éditions séparées des diverses pièces.

Les fragments d’Aristophane se trouvent dans l'édition Dindorf-Didot et dans celles de Blaydes. Ils figurent en outre avec ceux des autres poètes comiques dans les Comicorum Atticorum fragmenta de M. Kock (voir plus haut, chap. X, bibliographie).

I] manque un lexique spécial d’Aristophane.

I. Vie et œuvre d’Aristophane. — II. Ses tendances générales. — III. Comédies subsistantes. — IV. Ses qualités dramatiques. Conduite de l’action. — V.: Les personnages. — VI. Ses qualités lyriques. — VII, Sa langue. — VIII. Les poëtes contemporains. Eupolis, Phrynichos et Platon.

Aristophane est le représentant le plus illustre de Ia comédie ancienne; il est, de plus, le seul des poètes comiques de ce temps dont quelques pièces soient venues jusqu'à nous. Un intérêt exceptionnel s’attache donc à son œuvre et à sa personne; mais si nous connaissons l’une passablement, ce que nous savons de l’autre est bien peu de chose !.

4. Nous possédons cinq biographies d’Aristophane, y compris la notice de Suidas (Didot, Scholia graeca in Aristophanem, Prolego-

mena XI-XV). Il est visible qu’elles sont toutes faites d’après les comédies d’Aristophane lui-même et de ses contemporains; sauf

Il naquit vers 445 !; son père Philippe et sa mère Zénodora étaient athéniens et de condition libre ?. Il appartenait au dème Cydathénéen, de la tribu Pandionis. Ses parents furent au nombre des clérouques qui s’établirent à Égine vers 430%: ils avaient donc, au moins à, un petit domaine qu’ils exploitaient. La précocité intellectuelle du jeune Aristophane fut remarquable. Quelle qu'ait été son éducation, quelques influences qu’il ait subies, 11 révéla son génie presque au sortir de l’enfance par sa pièce des Convives d’'Héraclès (AurraXñc), qui obtint le second rang au concours de 427. Un an après, aux grandes Dionysies de 426, il fit représenter les Babyloniens. Dans cette comédie, il attaquait violemment la politique du jour et ses chefs, en particulier Cléon ; celui-ci chercha à se venger : il traduisit devant le sénat Callistratos, sous le nom duquel la pièce avait été représentée ; en même temps,ildénonçait Aristophanecomme ayant usurpé les droits de citoyen #. Le poèle se tira heureusement d’affaire et ne fut ni intimidé ni découragé. En 495, il donna, aux Lénéennes, ses Acharniens, où il se moquait de ceux qui voulaient la guerre à outrance; la gaieté de ses inventions lui valut d’être victorieux de ses rivaux, Cratinos et Eupolis 5.

quelques détails, elles ne nous apprennent à peu près rien que nous ne puissions trouver nous-mêmes dans les pièces subsistantes, surtout dans les discours anapestiques des parabases. — Kaibel, dans l’Encycl. Pauly-Wissowa, I, p. 971 et suiv.

4. Date approximative ; elle se déduit de ce que, en 427, quand Aristophane fit représenter sa première pièce, il était encore presque adolescent (yesûdv perpaxiouos wv, Schol. Grenouilles, 502); ses premiers succès (de 427 à 425) appartiennent à sa jeunesse (ëv véa xopôn Th hhixix NIDoxipnsey év xwpwôtais, Proleg. Didot XV).

2, Ses adversaires ont insinué le contraire et ses ennemis ont cherché à le prouver, sans y parvenir.

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