‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 259 sur 351 · Lysistrate, 1043 et suiv. Cf. 1188 et suiv · texte numérisé non relu

Lysistrate, 1043 et suiv. Cf. 1188 et suiv

y a un sentiment fin et vrai. Mais ce qui fait le prix de ce morceau, c'est la précision poétique des termes, jointe à une sorte de largeur naturelle d'imagination; mille détails ressortent, et pourtant nous avons la sensation de l’espace libre, de l'horizon lointain, d’où vont accourir les oiseaux, de ces paysages variés, bois, étangs, montagnes, rivages, prairies fraîches, que chaque vers évoque rapidement. C’est un lyrisme tout attique, un peu grêle peutêtre, mais singulièrement vivant, d’une élégance aisée, qui se joue dans ses propres inventions, mais qui ne s’y égare pas, un lyrisme léger, d'une prestesse et d’une agilité qui sont presque de l'essor :

« Vite, vite, ici, ici, ici, ici, vous tous qui volez comme moi ; ici, vous qui rôdez dans les bonnes terres des laboureurs, becquetant çà et là, peuplades nombreuses des mangeurs d'orge, race des pilleurs de grain, à l’aile vive, à la voix légère ; ici, vous qui, dans le sillon, sautillant de motte en motte, jetez doucement votre cri joyeux : tio, tio, — tio, tio, — tio, tio, — tio, tio; ici, hôtes familiers des jardins, perchés sur les rameaux du lierre, et vous, habitants de la montagne, qui picorez l’olive sauvage ou l’arbouse, accourez vite à mon appel ; trioto, trioto, totobrix ; ici, vous qui, dans les ravins marécageux, happez au vol le moustique si bien armé ; ici, vous qui peuplez toutes les fraîches vallées de cette terre, et la riante prairie de Marathon; et toi, tout éclatant de vives couleurs, francolin, francolin; ici, tribus errantes, qui planez au-dessus des mers avec les alcyons, venez apprendre du nouveau ; j'appelle ici à l’assemblée tous ceux qui volent Ie cou tendu !. »

La chanson moqueuse et obstinée des grenouilles n’est pas moins vive ni moins descriptive. On y sent a fraicheur de l’eau, la gaieté du rayon de soleil tamisé par les herbes humides, le crépitement de la pluie sur la surface de l’étang :

«Oui, nous crierons, plus fort et plus fort encore, si jamais

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