‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 260 sur 351 · Oiseaux, 228 et suiv · texte numérisé non relu

Oiseaux, 228 et suiv

dans les belles journées, sous le soleil ardent, nous avons sauté parmi le souchet et la massette, toutes joyeuses de chanter au rythme brusque de nos plongeons; ou bien si, fuyant Vaverse de Zeus, nous avons, en dansant au fond de l’eau, fait retentir nos chansons saccadées parmi le bruissement des gouttelettes. Brékékex, coax, coax 1, »

Que faut-il à cette fine etsavoureuse poésie dela nature, si pleine d’impressions vives et vraies, si riche de sons, de jeux de lumière, de sensations variées, que lui faut-il pour devenir une grande poësie? Un peu de rève et rien de plus. Ne lui demandons pas même de renoncer à son enjouemeut ; quand elle voudra rêver en souriant, ce sourire ne lui ôlera rien de sa beauté. N'est-ce pas une chose exquise par exemple, et vraiment inimitable en son genre, que cette antistrophe de la seconde parabase des Oiseaux, où le chœur vante la joie de cette vie libre et tout aérienne, que n’effleure aucun souci ?

« Heureuse la race ailée des oiseaux ! L’hiver, ils n’ont pas à s’envelopper de tissus de laine; l’été, nous n’étouffons pas sous le rayon brûlant qui luit au loin. Parmi les prés en fleurs, j'habite dans les replis de la verdure, lorsque la divine chanteuse des sillons, tout affolée par les feux de midi, jette son cristrident. Je passe l'hiver dans les creux des antres à jouer avec les nymphes oréades; au printemps, je me nourris des baies virginales du myrte, blanches et savoureuses, et je pille les jardins des Grâces 2. »

Élargissons maintenant et agrandissons le rêve. Voici le chœur des Nuées qui chante son hymne matinal, ce salut merveilleux du nuage, qui monte, à l'univers qui se découvre :

« Nuées éternelles, élevons-nous dans les airs et déployons aux regards nos molles et vaporeuses ondulations. Du sein de l'Océan notre père, du milieu de ses flots retentissants, montons vers les cimes élevées qu'’ombragent les forêts. De là,

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