Nuées, 275 et suiv
Hist. de la Litt. grecque. — T. III. 97
frandes, là les temples élevés et les statues, les théories saintes des bienheureux, les couronnes de fleurs dans les sacrifices et les banquets sacrés, fêtes nouvelles, de saison en saison; là enfin, au retour du printemps, la folie joyeuse de Bromios, l’enivrement des chœurs mélodieux et le frémissement puissant des flûtes au souffle de la Muse !. »
Cetle réserve même n’est pas absolue : car nous rencontrons aussi des passages lyriques, où la poésie d’Aristophane traduit, à n’en pas douter, un sentiment naïf et profond, tout coloré par des souvenirs d’enfance. C’est lorsqu'il nous peint la vie tranquille du paysan athénien sur son petit domaine. Rappelons-nous la seconde parabase de la Paix. I y alà un morceau quiest vraimentdélicieux dans son genre. C’est lerêve du laboureur qui voit finir la guerre et qui va retourner à son champ. Le poète prend les sentiments et le parler de son personnage: nul élan, rien qu’un choix de petits détails d'une vérité saisissante ; tantôt un chant vif, familier, tantôt une sorte de bavardage rythmé qui court au hasard. Ce que le paysan, délivré de la guerre, aime dans la campagne, ce n'est pas sa beauté poétique, qu’il entrevoit à peine: c’est son bien-être, ce sont ses habitudes, y compris les moins avouables, c’est son chez lui, c’est la vie relativement facile et calme, dont il ne veut voir que les plaisirs :
« Quel bonheur, quel bonheur, d’être enfin débarrassé du casque et du fromage et des ognons! Non, je n’aime pas du tout les combats. Ce qui me plaît, c’est le coin du feu où l’on boit avec des amis; il fait bon brûler le bois sec qui a été scié pendant l’été, griller des pois chiches, faire rôtir les glands, et folâtrer avec la servante thrace, pendant que ma femme est au bain.
» Connaissez-vous un meilleur moment que le temps qui
suit les semailles? La bonne divinité nous donne alors de petites pluies. Et le voisin de nous dire : Ah ça, Komarchidès,