Aristoph. fr. 411 Kock
Xp@pat ap aÙroÿ rod otTéparos T& oTpoYyyVAw,
Toùs vois à’ &yopaiouc itrov à ’xeivos mord.
3. Voir plus haut, p. 532, l’épigramme attribuée à Platon. 4. Texte cité plus haut, p. 20.
Fu
lant le langage de tout le monde et en le parlant avec une clarté et unefacilité sans égales, n’allons pas croire qu’Aristophane n'ait dans sa façon rien de très personnel. Le charme de son style, c’est justement que sa nature d'esprit s’y montre partout, bien qu'avec une exquise discrélion. Il est naïvement ingénieux ; de vives associations d'idées et d’images surgissent pour lui à tout propos, mais elles n’ont rien de brusque ni de violent : ce sont de gracieuses et rapides surprises, dont on ne se lasse pas. Qu'on relise par exemple, au début des Vuées, les confidences de Strepsiade sur son ancienne vie et sur son mariage !, Ÿ a-t-il rien de plus délicieux, — et de plus intraduisible d’ailleurs, — que cette description humoristique, pleine de fantaisie etde sentiment à la fois? Nulle trace de recherche ni de combinaison étudiée, et pourtant tout est ingénieux, nouveau, tout nous amuse et nous touche, tout parle à notre imagination. Pour peindre la douce négligence de cette vie rustique, le poète a des expressions figurées, qui sont autant de métaphores réalistes, rapidement indiquées, mais non achevées: il ne laisse pas à l'esprit le temps de s’arrêter sur aucune image déplaisante, mais il nous fait entrevoir vite et comme en passant les détails précis de cette bonne et antique malpropreté où se délectait le bonhomme, la moisissure, la poussière que le balai ne soulevait jamais, le désordre naïfet commode ; tout cela non pas crüment, non pas avec de gros mots, mais par un tour neuf et poétique, qui n'exclut aucunement le terme propre ; puis, du même ton, avec la même naïveté légère, avec la même hardiesse discrète, il suscite des