‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 265 sur 351 · Nuées · texte numérisé non relu

Nuées

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et tout ce qui suit.

images charmantes et vraies, des sensations rustiques et pénétrantes, le joyeux bourdonnement des abeilles, la bousculade du troupeau, l'odeur des fruits qui sèchent sur les claies. Cette vive et perpétuelle suggestion dans ce laisser-aller apparent, voilà bien une qualité tout à fait supérieure, qui donne à la langue d’Aristophane une saveur vraiment intime.

= Mais cette langue est celle d’un poète comique, on pourrait presque dire du poète comique par excellence, et ce serait mal la louer que d’en faire valoir le charme descriptif aux dépens des autres qualités qui sont de l'essence même du genre.

Elle est prodigieusement adroite à jouer avecles mots. Dans le dialogue bouffon, elle triomphe au milieu des calembours saugrenus et des calembredaines. N’exagérons pas ce mérite, qui, par lui-même, sans doute, est d'ordre inférieur. Encore faut-il reconnaître que, étant donnée la nature de la comédie ancienne, c’est une convenance de plus que cette sorte d'esprit, quand il jaillit de source. Certaines parlies ne vivent même que par là, par exemple les parodies si fréquentes des tragédies et dés dithyrambes. L'invention plaisante de ces passages n’est pas seulement dans le fond des choses, dans le contraste entre une situation tragique brusquement évoquée el une situation comique qu’on a sous les yeux el qui en est la caricature. Elle est aussi dans la folie des expressions, dans l’absurdité du mot inattendu, jeté au milieu des termes pompeux de la haute poésie, et c'est justement à cette sorte de jeu qu'Aristophane excelle. Ia le don de l'expression moqueuse. Le chant de triomphe de Strepsiade, quand il apprend que son fils est prêt à le tirer d’affaire, est en ce genre d’un comique achevé {.

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