‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 276 sur 351 · Horace, Art poétique · texte numérisé non relu

Horace, Art poétique

Lex est accepta chorusque Turpiter obticuit sublato jure nocendi.

Schol. Aristoph. Grenouilles, 40% : Xp6vo d'où no Üotepov xat,xa-

ParaË nepretle Kivnotac Tac yopnytac. Cf. même pièce, 153. 2. Prolégomènes Didot, I, IV, IX a, IX b, XI. 3. Prolégomènes Didot, I (Notice de Platonios). 4. Denis, Comédie grecque, IT, p. 330.

Hist. de la Litt. grecque. — T. III. 30

594 CHAPITRE XIII. —LA COMÉDIE AU IVe SIÈCLE

Après les désastres de la guerre du Péloponnèse, après les sanglants souvenirs de la tyrannie des Trente, une sorte d’apaisement se fait dans l'opinion publique. D’un commun accord, on évite de réveiller les vieilles querelles. L’amnistie s’impose dans les relations publiques: à plus forte raison dans les fêtes religieuses. Ainsi se perd l'habitude de mettre en scène les hommes d’État et de tourner en comédies les questions du jour; une fois perdue, l’adoucissement des mœurs l'empêche de renaiire.

Cet adoucissement est au fond Ja chose essentielle à signaler. Née dans les campagnes, la comédie ancienne était restée grossière et rustique jusqu’à la fin. Mais, dans le cours du v° siècle, la prédominance de la vie urbaine avait rendu les mœurs plus élégantes; les relations de société s’étaient multipliées; les banquets, les entretiens, l'influence des philosophes avaient peu à peu répandu dans la ville le goût du bon ton. Vers la fin de la vie d’Aristophane, il y avait déjà un désaccord sensible entre les manières de la comédie et celles de la majorité du public; ses grossièretés n'étaient plus acceptées que par une sorte de tolérance d’habitude; le nombre croissait chaque jour de ceux à qui elles déplaisaient. Un moment vint, où ce désaccord parut insupportable. Les danses obscènes du chœur durent disparaître en premier lieu, et le chœur, dès lors, n’eut plus de raison d’être. Puis on se dégoûta des propos grossiers, des jeux de mots équivoques, de tout ce qui était banni de la conversation des gens comme il faut. Rien de plus instructif à cet égard que le passage de la Morale à Nicomaque où Aristote distingue la basse plaisanterie de la plaisanterie spirituelle et décente ! : « Une des marques du savoir-vivre,

4. Morale à Nicomaque, IV, ©, 14. On admet généralement que cet ouvrage d’Aristote a été écrit pendant son second séjour à Athè-

nes, c’est-à-dire entre 335 et 323 (Zeller, Philos, der Griechen, 2e partie, 2e sect., .p. 28 et 159).

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