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SUJETS ANCIENS ET NOUVEAUX

jeunesse, elle ne se moquera plus des ridicules ni des vices de la démocratie.

- Elle retient pourtant toute une partie de son ancien répertoire. Les sujets de mythologie plaisante avaient été déjà en honneur auprès des poètes comiques du ve siècle. On tournait en farces les mythes qu’illustrait la tragédie, on traveslissait en bouffons ses dieux et ses héros. Les Ulysses de Cratinos, l’Éolosicon d'Aristophane, et beaucoup d'autres pièces du même temps, avaient montré quel succès on obtiendrait en cullivant ce genre. Dans toute la première moitié du 1iv° siècle, on put croire que ces parodies seraient désormais la grande ressource de la comédie. Elles devinrentalors tellement à la mode, qu’à distance les grammairiens byzantins y ont vu le trait caractéristique du genre nouveau !. Nous montrerons tout à l’heure qu’ils ont eu tort; mais on pouvait s’v tromper. Toutes les légendes divines semblent en effet avoir été mises à contribution dans les soixante-dix premières années du 1v° siècle. Lorsqu’on ne parodiait pas directement une tragédie ou un passage connu de telle ou telle épopée, on parodiait du moinsla tragédie ou l’épopée en général, en faisant justement le contraire de ce qu’elles avaient fait. Ge qu’elles prenaient au sérieux, ce qu’elles essayaient de présenter comme pathétique ou comme touchant, on le tournait en ridicule. La libre fantaisie avait sans doute moins de part à ces parodies qu’à celles du siècle précédent. Le procédé comique consistait surtout,semble-t-il, à représenter les dieux et les héros comme de bons bourgeois; et, sans grossièreté, sans extravagance, le simple contraste entre la grandeur convenue des personnes et la vulgarité

1. Prolégom. Didot, I (Notice de Platonios) : ‘II di péon xwuwûta ..….. Ent vd oxwmreuv ioropiac fnôeious mounraïs nhEV...* rormbtar yao ai XATA TNV LÉONY XwpwËINY Ümobioets eiciv* pUBous yo Tivas Tilévrec èv Tais Hope Tois TaAKOTÉpOIS ED NUEVOUS ÊtécUpoY ws xaxDS pnbévrac.

de leur rôle provoquait le rire. Voilà pourquoi on recherchait particulièrement les légendes qui permettaient de les montrer sous l'aspect le plustrivial : naissances, mariages, banquets, aventures galantes ‘. Sous forme deparodies, ces pièces élaient quelquefois des allégories. Elles semblaient parler de mythologie et elles faisaient allusion aux choses du jour. C’est évidemment ce que veulent dire les commentateurs anciens quand ils qua4 lifient d’énigmatique la satire qui est propre à lacomédie moyenne. Quelques titres justifient encore cette appréciation *. Quant à leur portée religieuse, elle a pu être plus grande que leurs auteurs même ne Pont cru. Iln’y avail peut-être pas dans tout cela d’irréligion systématique; mais la mythologie, à coup sûr, devait y perdre beaucoup. en considération. Que la comédie le voulüt ou non, il n’est pas douteux qu’elle n’ait contribué à sa manière, presque autant que la philosophie contemporaine, à. la décadence du polythéisme. Une chose remarquable toutefois,c’est que la vogue de ces parodies ne paraît pas avoir dépassé la période qu'on assigne à la comédie moyenne. Les poètes avaient si largement usé de ce genre que le public s’en fatigua. D'ailleurs, quoi qu’il fit, il ne touchait que peu à la réalité. Plus on prit le goût de l'observation et de la vraisemblance, plus on dut s’en détacher. En somme, c’était un genre de transition; l’avenir de la comédie n'était pas là.

La véritable nouveauté dans le genre comique au ive siècle, c’est la représentation des mœurs. Non que celte représentation füt tout à fait inconnue jusque-là

1. Le groupe des Naissances est particulièrement nombreux. Il commence dans l’ancienne comédie et grossit dans celle du 1v° siècle. Citons ’AGbnväc yovat d'Hermippos, ’Avpoôtrnc yovat de Nicophon’et d’Antiphane, Ilavds yovat d’Araros, Aidç yovai de Philiscos, Movoüy yovai de Polyzélos, Arovÿoov yovai d’Anaxandride-et de Polyzélos. Cf. Meineke, I, 278 et suiv. |

2. Par exemple l’Orestautoctidès de Timoclés ; Denis, t. II, p. 355.

Do.

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