Même notice
S’il est malaisé en somme de caractériser ce genre en voie de transformation, il ne l’est guère moins de donner une idée nette des poètes qui le représentent. Le peu que nous savons d’eux nous laisse mal deviner l'originalité individuelle de leur physionomie et de leur rôle. Contentons-nous done de les mettre ici à leur plac: dans l’ordre chronologique, sans insister autrement !.
Le plus fécond poète de ce temps fut un étranger, Antiphane ?. Né vers la fin du v® siècle (dans la 93° Olympiade, 401-404), 11 mourut à soixante-quatorze ans, par conséquent un peu avant 330. Il fut donc le contem-
porain de Platon, d’Isocrate et de Démosthène. Il dé-
buta probablement en 387. Les uns lui attribuaient 280 comédies, les autres 365 *, Une telle abondance n’est guère conciliable avec les scrupules d’un art exigeant. Pour composer tant de pièces en si peu de temps, Antiphane, quelle que fût sa facilité naturelle, devait s’accommoder de tous les sujets et user trop souvent sans scrupule des mêmes moyens dramatiques f. Banalité et négligence, telles étaient les conséquences nécessaires de sa précipitation. Il ne remporta, dit-on, que treize victoires . Une partie de ses pièces, d’après les titres
1. La liste des noms des poètes comiques du 1ive siècle a été dressée d’abord à l’aide du Lexique de Suidas et des citations des auteurs anciens. Elle a été complétée récemment par la découverte d’une inscription en forme de catalogue (CIA, If, 977).
2. Suidas, ’Avtidvns. Anon. Ilept xwpwè. (Proleg. Didot, III). Les uns le disaient originaire de Kios en Mysie, les autres de Smyrne, les autres de Rhodes; d’autres de Thessalie. — Pauly-Wissowa, art. de Kaïbel, Antiphanes, ne 15.