Ovide, Tristes, IT
Fabula jucundi nulla est sine amore Menandri.
savaient les approprier à leurs desseins, en modifiant ce que la réalité leur avait indiqué et en achevant ce qu’elle avait seulement esquissé.
Getle tendance à imiter la vie était peu favorable à la création de personnages d’un caractère fort et tranché. Un Alceste, un Tartuffe, un Harpagon ne se renconirent guère dans le monde; la nature ébauche et disperse les traits que des génies puissants et idéalistes peuvent seuls réunir. Ces vigoureuses synthèses demandent un art jeune, qui grandisse en un temps d’expansion intellectuelle et de spontanéité créatrice. On ne pouvait les attendre de la génération élégante et quelque peu désabusée dont Ménandre fut le plus brillant représentant. Les poètes d’alors, n’y songeaient même pas. Ce qui les attirait, c'était la vie commune, en ce qu’elle a de moyen et d’un peu banal. Personne encore ne l’avait représentée comme elle méritait de l'être ; en l'étudiant, ils subissaient à la fois le charme de la nouveauté’ et celui de la vérité. En conséquence, ce qu'ils montraient le mieux à leur public, c'étaient ces façons de penser et de sentir par où tous les homines se ressemblent ; et, dans cette ressemblance générale, les différences qu'ils faisaient le plus vivement ressortir, c'étaient celles qui tiennent à l’âge, au sexe, à la condition sociale, aux relations de parenté, et qui par suite se retrouvent partout. Il y avait ainsi dans leur théâtre trois ou quatre types de pères, deux ou trois de jeunes gens, autant d'esclaves, de courlisanes, deux ou trois aussi de femmes mariées, etc. Ces analogies qui nous frappent, au travers des imitalions de la comédie latine, étaient rendues plus sensibles encore par les masques des acteurs. Il faut lire dans Pollux l’'énumération très curieuse des masques de la comédie nouvelle ‘. Le mas-