Fragm
« Les philosophes, m’a-t-on dit, cherchent, — et ils dépensent à cela beaucoup de temps. — en quoi consiste le bien. Aucun d’entre eux ne l’a encore trouvé. C’est la vertu, disentils, c’est l’intelligence. c’est tout ce qu'on veut... en somme ce n’est pas cela. En bien! moi, occupé du matin au soir à bêcher ma terre, je viens de le trouver. Le bien, c’est la paix. O Zeus bien-aimé, quelle aimable et bienfaisante déesse ! Noces, fêtes, parents, enfants, amis, richesse, santé, blé, vin, plaisir, tout cela, c’est elle qui nous le donne; vient-elle à disparaître, avec elle meurt tout ce qui fait vivre les vivants. »
La naïveté de ce brave homme est vraiment amusante. Toutefois le Trinummus donnerait à penser que Philémon se laissait aller un peu trop à sa facilité bril. lante. Quand le sujet choisi était peu fécond en situations comiques, 1l y suppléait par des incidents de conversalion ou par des dissertalions familières, trop artilicielles. Ce défaut parait se trahir encore dans quelques-uns de ses fragments !. Il y avait en lui peut-être trop d'habiletés, qui suppléaient mal à l'étude consciencieuse de la réalité.
Le vrai représentant du théâtre d’alors, celui qu'on appelait dans les écoles byzantines « lastre de la nouvelle comédie ? », ce fut Ménandre. Né à Athènes un peu avant 340 5, il était plus jeune que Philémon d’environ vingt ans. Nous ne savons rien de son père Diopithe de Képhisia ni de sa mère Hégésistraté, sinon qu'ils étaient riches. Neveu du poète Alexis, dont nous