‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 302 sur 351 · Fr · texte numérisé non relu

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quand tu ser&smort, tu renaîtras. Ce que tu voudras êtrealors, tuleseras, chien, mouton, bouc, homme ou cheval ; c’est une seconde viequit’attena ; voilà ta destinée; à toi dechoisir ceque tu veux. — Tout au monde, m’écrierais-je aussitôt, tout plutôt que d’être homme ! Entre tous les animaux, c’est le seul dont le bonheur et le malheur n’aient rien de commun avec la justice. Un cheval est-il excellent, on le soigne mieux que tout autre. Si tu deviens un bon chien, tu seras beaucoup plus estimé qu’un mauvais chien. Un coq qui est brave est autrement nourri que le lâche, et celui-ci tremble devant son su-

périeur. Mais un homme au contraire, qu’il soit honnête, bien

né, généreux, tout cela ne lui sert à rien par le temps qui court. Celui qui réussit le mieux, c’est le flatteur; après le flatteur, c’est le sycophante ; après le sycophante, c’est le mé: chant. Mieux voudrait devenir âne que de voir des gens qui ne nous valent pas nous effacer par leur splendeur. »

Ainsi traité, le lieu commun est une manifestation vive et amusante d’un état d'âme particulier. 11 nous plaît sans doute par tout ce qu’il contient d’aperçus suggestifs, mais plus encore parce qu’il s'offre à nous tout vibrant des sentiments d’un homme. En-le détachant du drame, nous le refroidissons. Ménandre n’a pas fait une anthologie ; poète, il a peint la vie.

Si l’on a détaché de ses œuvres tant de sentences, c’est qu'en faisant parler ses personnages selon leur caractère individuel, il a su, mieux qu'aucun autre, aiguiser leurs pensées. Caché en eux, il voit les choses à leur point de vue, mais il les voit avec une netteté, une hardiesse et souvent une profondeur qui dénotent un esprit tout à fait supérieur. De là, tant d’idées neuves et saisissantes, qui sont des traits de moraliste satirique autant que de poète !.

« Le pauvre, vois-tu, Gorgias, est toujours méprisé, même quand il a raison. Quoi qu’il dise, on lui «ttribue un seul motif, l'intérêt. Si vous portez un manteau usé, vous passez tou-

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