DITHYRAMBE ET NOME
ce qui diminue leur importance littéraire. Leur mérite poétique décroit à mesure que leur effet musical augmente. Voilà pourquoi nous devons nous contenter ici de mentionner brièvement des œuvres qui ont excité pourtant une admiration universelle et prolongée. Elles appartiennent à l’histoire c'e la musique plutôt qu’à celle de la littérature.
Toutefois elles s’y rattachent au moins en ce qu’elles montrent, avec une évidence exceptionnelle, la grande influence exercée alors par le drame et en particulier par la tragédie. |
Celle-ci, comme on l’a vu, était née du dithyrambe. A l’origine, elle n’en fut même qu’une forme nouvelle, Mais la forme ancienne avait subsisté et grandi, tandis que la nouvelle devenait un genre distinct. À la fin du vi® siècle, lorsque la tragédie attendait encore Eschyle, Le dithyrambe était dans tout son éclat. Ce fut alors que Lasos d’'Hermioné commença à lui donner plus de pompe?. Après lui, Mélanippide l’ancien, dont nous parlerons plus loin, nous est signalé aussi comme un novateur. La tragédie sans doute n’était encore pour rien dans ces changements. Mais, quand les grandes œuvres d’Eschyle eurent paru, une sorte d’émulation s’éveilla chez les poètes lyriques; le public, épris et ravi du drame, en voulait partout ; il fallut que le dithyrambe à son tour devint de plus en plus dramatique. Cela ne lui fut pas difficile, car il contenait en lui-même les éléments essentiels du drame : l’action et la passion. Il représentait des personnages légendaires, il racontait leurs souffrances ou leurs exploits; 1l n'eut, peur se transformer, qu'à revêtir ses récits d'une forme plus imitative, en donnant la parole, par une fiction poéti-
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