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REPRÉSENTATIONS LYRIQUES

antiquité jusqu’au ve siècle, leurs caractères propres : une seule voix accompagnée de la cithare, des mélodies plutôt méditatives que passionnées, et sans doute des récits à demi épiques, où le sentiment personnel du poète ne devait avoir qu’une part restreinte. Dans le cours du ve siècle, ces antiques et vénérables formes changent peu à peu. Le récit devient plus dramatique, les mélodies deviennent plus variées et plus expressives. Il faut animer ces vieux thèmes qui désormais sembleraient froids, 1l faut faire valoir la souplesse de la voix des grands artistes et leur permettre de montrer qu’ils savent traduire les nuances délicates du sentiment. On introduit le chœur dans ce genre, auquelil semblait étranger !. De cette facon, on obtient des effets nouveaux, des contrastes saisissants ; en outre, les phases sont mieux marquées ; 1l y a désormais des situations dramatiques dans le nome comme dans le dithyrambe ; et ainsi ces deux genres, si différents à l’origine, se rapprochent l’un de l’autre jusqu’à se toucher. Ils sont désormais en possession des mêmes moyens, et, s'ils se distinguent encore l’un de l'autre, c’est par la prééminence qu'ils accordent à tel ou tel d’entre eux.

Cette poésie lyrique transformée est très brillante, très pathétique, très sonore et très pauvre d'idées. On dit communément dans Athènes, pour désigner un imbééile, « plus bête qu’un dithyrambe ?. » Les poètes dithyrambiques le savent et ne s’en fâchent pas. Peu leur importe que leurs poèmes soient vides, leurs phrases obscures et entortillées ; il leur faut surtout des mots composés qui éblouissent l'imagination, des syllabes

4. Polybe, IV, 20 : Tous Dihofévou «at Tipoléou voyous uavôdvovtes roXkŸ poto XopEVoust at” éviaurov Tois Auovuotaxoïs adAntaic ëv rois beatookc.

2. Atbuoduôwy vodv Éyers EldTrova® nt Tov &dravonrwy (Suidas, v. A:-

OvpauBwv. Scol. Aristoph. Oiseaux, 1392). Cf. Suidas, v. AiBupaubedOaoxakot et Katsyhwrriogévoy.

sonores, des phrases tantôt vives, qui semblent voler et tourbillonner, füt-ce d’ailleurs dans les nuages, tantôt magnifiques et amples, pour permettre à la mélodie de se déployer !. Compositeurs en même temps que poètes, ils font de la musique alors même qu'ils semblent faire de la poésie.

Cette transformation du lyrisme s’accomplit dans Athènes principalement, parce qu’Athènes est alors le domicile privilégié de la poésie. Mais on ne peut pas dire qu’elle s’accomplisse par Athènes. C'est un fait bien remarquable, que cette ville, si féconde en hommes supérieurs, n'ait produit aucun des artistes qui, au v*°et au 1v° siècle, ont obtenu le premier rang dans les genres lyriques proprement dits ?. Ses grands ho:nmes à elle sont les poètes dramatiques du temps, Eschyle, Sophocle,Euripide, Agathon, sans parler des comiques. Les musiciens lui viennent du dehors. Elle les admire passionnément, elle fait leur réputation, mais elle ne leur suscite pas de véritables rivaux dans son sein. Peut-être la faculté pensante fut-elle de bonne heure trop affinée dans l’âme athénienne pour un art qui ne saurait se passer d’une certaine inconscience : ce qui est très clair et très précis n’est jamais très musical. Quoi qu’il en soit, Athènes accueillit du. moins avec la plus grande faveur les artistes étrangers. Durant toute cette période, elle leur fournit par ses fêtes les occasions les plus favorables pour se produire.

Les documents anciens, textes ou inscriptions, nous

4, Aristophane, Oiseaux, 1387. Kinésias s’y exprime ainsi : ! Kpéparar uv odv évredbev Auov à TEyvn' r@y 0:GupauBwy yap Ta AauTp YÉYVETRL &Epra nai oxOTL” ÉTTX HAL KHUAVAUYERX xa\ ntepoddvnta" au, dE xAUwWV elaet Taya.

Cf. Nuées, 331 et suiv.

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