Athénée, III, 122 D. Bergk, fr
ou par quelques vers subsistants : le Cyclope, Niobé et Ulysse. C’étaient donc de vieux sujets que traitait Timothée ; seule, la manière de les faire valoir était neuve.
Son plus illustre rival fut le Péloponnésien Philoxène, fils d'Eulytidès. Né dans l'île de Gythère en 435, il mourut à Éphèse, âgé de 55 ans, en 380 ‘. Lorsqu'il était encore tout enfant, les habitants de Cythère ayant été réduits en esclavage par les Lacédémoniens, il fut acheté d’abord par un Lacédémonien, puis par le poète lyrique athénien Mélanippide, qui lui enseigna sonart. Devenu célèbre à son tour, il se vit appelé en Sicile par Denys l’ancien, qui prit le pouvoir à Syracuse en 408. Mais Philoxène eut le tort de ne pas apprécier le talent poétique du tyran; selon d’autres, il aima une femme que Denys aimait déjà. Il fut jeté aux Latomies, d’où il parvint à s’enfuir, se réfugia à Tarente, et se vengea de sonennemienparodiant son amour dans le Cyclope *. Un fragment du 7ritagoniste d’Antiphane at testecombien ilfutenfaveur auprès du public athénien: «Certes, disait un des personnages dela pièce, c’est bien le premier des poètes que Philoxène. Il a des termes qui ne sont qu’à lui, des mots tout neufs, et cela constamment. Quant aux mélodies, avec quel art il sait les varier et les nuancer! C'était vraiment un dieu parmi les hommes ; 1l savait la vraie musique ÿ. » Suidas lui attribue vingt-quatre dithyrambes et en outre un poème dont il ne définit pas le genre, qui contenait la généalogie des Éacides . Nous connaissons de nom ses Mysiens ; mais son œuvre la plus célèbre était le Cyclope.
1. Suidas, PrhoËevos. Marbre de Paros, 82. Cf, Hésychius, Aovk&ve. 2. Suidas, "Anayéue, Eis Aatopius, Prhnéévou ypauparrov. Schol. Aristoph. Ploutos, 290. Diodore de Sicile, XV, 6. Cf. Hermésianax, fr. 2, v.f69 Bergk. Élien, Hist. variée, XII, 44. Athénée, I, v, 7. . Antiphane, f. 126 Didot (209 Kock).
. suidas, Pr6Ëevoc.
. Aristote, Politique, VIII, 7, 9.
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Aristophane en a parodié une scène dans un passage de son Ploutos !. C'était un véritable drame. Le poète avait pris pour sujet l’amour du cyclope Polyphème pour Galatée; il y avait mêlé l’aventure d'Ulysse et de ses compagnons, racontée au 1x° livre de l'Odyssée et déjà donnée au théâtre par Euripide dans un. drame satyrique. On y voyait sur la scène le Cyclope, portant une besace pleine de fruits sauvages : il était censé mener son troupeau au pâturage en jouant de la cithare ?; on entendait ses plaintes, dont il nous reste encore quelques mots :
«O charmant visage, Ô boucles d’or de Galatée, voix enchanteresse, fleur d'amour... 3 »
Dédaigné par la nymphe, il essayait de la dédaigner à son tour, el il chargeait les dauphins d’aller lui dire au fond de la mer qu’il était guéri de sa passion, grâce aux Muses #. Ulysse avait aussi son rôle dans ce drame lyrique. D'abord épouvanté de son malheur, il s’écriait :
« Avec quel monstre la fortune m’a-t-elle enfermé dans cet antre 5. »
Puis, dans un dialogue dramatique, le Cyclope lui disait :
« Tu as sacrifié ; tu seras sacrifié à ton tour 6. »
Si courts que soient ces fragments, ils nous donnent du moins une idée assez nette de ce qu'était alors le dithyrambe. On comprend, en les étudiant, que Philoxène