‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 335 sur 351 · LA POÉSIE MOQUEUSE · texte numérisé non relu

LA POÉSIE MOQUEUSE

Évidemment ces mots sont tirésd’unrécit de voyage burlesque, plus ou moins imité des narrations légendaires d'Ulysse dans l'Odyssée. Sous sa forme fantaisiste, ce récit était une satire. Nous en devinons le caractère agressif et presque cynique à travers l’obscurité de deux autres vers mutilés; on y retrouve de nouveau le même verbe &« Je vis », suivi d’un complément incertain, auquel s’appliquaient deux épithètes grossières, empruntées au vocabulaire de la plus mauvaise compagnie !. Les Tétramètres d'Hermippos se ressentaient donc du voisinage et de l’influence de la comédie. Comme elle, ils avaient besoin de l’ivresse pour excuse ; et sans doute ils devaient être récités ou chantés à la fin des joyeux banquets de la jeunesse athénienne, quand les têtes étaient échauffées, et quand Socrate n’y assistait pas.

Tout à côté de ce genre assez mal défini, il faut placer celui de la parodie. Déjà nous l'avons rencontré au théâtre, chez Épicharme d’abord, puis à Athènes chez un certain nombre de poètes de la comédie ancienne ou moyenne. En dehors dela comédie, il produisit alors, en renouvelant la tradition de la Batrachomysmache, quelques œuvres d’une importance bien secondaire, mais qui semblent avoir obtenu quelque succès auprès du. peuple athénien ou sicilien. Dans ce genre, deux hommes surtout eurent quelque renom, Hégémon de Thasos au v° siècle, et Eubéos de Parium au 1v°?, Le premier *, connu sous le sobriquet de Lentille (Pax%), fut un contemporain de Cratinos. Son œuvre principale était une Gigantomachie, qu'il semble avoir récitée à Athènes devant le peuple, à la façon des rhapsodes. Athénée nous a conservé une vingtaine

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