Athénée, XV, p. 698 A
3. E. von Leutsch, Hegemon von Thasos, Philologus, 1855, p. 704.
d'hexamètres de lui, où il se met personnellement en scène, en racontant ses aventures dans des vers imités de ceux de l’J/iade. Eubéos de Parium fut . surtout en faveur en Sicile. Deux fragments de lui, d’un vers chacun, nous font entrevoir le genre de scènes qu’il traitait en se servant des expressions et des tours homériques : c’est d’une part une querelle entre deux garçons de bains qui se jettent leurs baquets à la tête ; de l’autre, des invectives adressées par un potier à un barbier à propos d’une femme, qui rappellent celles d'Achille à Agamemnon à propos de Briséis. Tout cela était en somme assez misérable et ne paraît pas valoir l’honneur d’être étudié de plus près.
Le représentant le plus notable de la poésie satirique en ce temps fut le philosophe cynique Cratès de Thèbes !. Il était dans la vigueur de l’âge, selon Diogène Laërce, dans la 113° Olympiade (328-325 )2. Célèbre dans l’histoire de la philosophie par le renoncement éclatant dont il fit preuve et aussi par l’étrangeté de sa vie, il appartient à celle de la poésie par ses iambes, ses hexamètres et ses élégies satiriques. Ses biographes nous disent qu’il entrait librement dans toutes les maisons, ce qui l’avait fait surnommer « l’ouvreur de portes » (fvoeravoixrav)?. Bien accueilli de tous, il réprimandait librement ceux qu’il trouvait en faute, mais sans amertume et avec une grâce spirituelle qui lui faisait pardonner sa franchise #. Les fragments de ses poésies répondent bien à l’idée que les témoignages anciens nous donnent de lui 5. C’est de la morale sévère et gaie
4. Voy. la notice de Müllach, Fragmenta Philosoph. Græcornm, t. II, p. 331, Didot.