Athénée, IT, p. 36 D. Fr. 6 Dübner-Didot
Hist. dé la Litt. grecque. —= T. III.
temporains; mais, sous l’artifice superficiel, trop facile en somme à discerner, se laisse entrevoir aujourd’hui une prose ionienne, plus sensée que poétique, qui ressemblerait assez à celle d’Hérodote, si elle avait plus de sincérité et de grandeur.
L'exemple donné par Panyasis fut suivi, bientôt après, par un poète très supérieur, l’Ionien Antimaque, dont nous avons déjà mentionné la Lydé. Né sans doute à Claros ! et devenu ensuite citoyen de Colophon, dont 1l se fit une seconde patrie ?, il était dans la force de l’âge et du talent à la fin de la guerre du Péloponnèse en 404 *. On a fait de lui le serviteur ou le disciple de Panyasis #; selon toute vraisemblance, cela veut dire tout simplement qu’il profita de son exemple. On raconte qu’il concourut sans succès dans les fêtes que les Samiens célébrèrent en 404 en l’honneur de Lysandre ‘. Platon, jeune encore, l’aurait consolé, dit-on, de cette défaite par le témoignage de son adnuration f. En tout cas, Héraclide de Pont, dont l’autorité est sérieuse, attestait que le grand philosophe préférait hautement Antimaque à Chœrilos, alors en pleine renommée, et qu'il fit recueillir tout ce qu’il avait composé 7. Quelle qu'ait été la réputation de ses élégies, dont nous avons parlé plus haut, sa plus grande œuvre fut certainement sa Thébaïde.
4. Cicéron, Brutus, 51 : Antimachum, Clarium poetam. Cf. Ovide, Tristes, I, 6. 1. — Notice de Dübner dans l’Hésiode Didot. Art. de Wentzel dans Pauly-Wissowa, Encycl., Antimachos, 24.