Scolie de Porphyrion sur le passage cité d’Horace
3. Quintilien, X, 1, 53 : Et affectibus et jucunditate et omnino arte, deficitur. Il ajoute qu’Antimaque est inférieur à Panyasis par la composition, « disponendi arte. »
4. C’est ce dont témoignent encore assez clairement bon nombre des fragments subsistants. — Le procédé d’Antimaque est caractérisé d’une manière plaisante par Plutarque (Iep} dôodeoyiaus, p. 513 À Didot.)
que le goût de Platon pour les vieux mythes ait contribué à l’admiration qu’Antimaque lui inspirait. Le poète, 1l est vrai, ne semble pas les avoir traités en philosophe; mais 1l les aimait pour leur couleur antique, et il savait leur donner du relief. Il y avait quelque chose de fort et de personnel dans sa manière. Son style, un peu tendu et parfois obscur, n’était jamais plat ni insignifiant ; on en était frappé malgré soi, et il s’imposait avec une sorte d’autorité 1. Les quelques vers qui nous restent de la Thébuïde (une soixantaine en tout) ne sont malheureusement pas de nature à nous permettre d’en juger. Tout au plus peut-on en citer quatre, remarquables par une certaine fermeté de ton et par une précision un peu dure, où l'on croit sentir l’accent propre du poète:
« Il est une déesse, Némésis, très puissante: c’est elle qui a reçu des bienheureux cette charge. Le premier autel lui fut élevé par Adraste, au bord du fleuve Asépos: c’est là qu’elle est honorée et qu’on l’appelle Adrastée 2. »
Avec ces qualités et ces défauts, Antimaque devait diviser l’opinion, et c’est ce qui arriva. Dans la période alexandrine, Callimaque le critiqua violemment, pour sa Lydé tout au moins, qu’il qualifiait de « poème épais et grossièrement travaillé » ?; et Catulle, ce pur alexandrin transplanté à Rome, témoignait du même dédain pour la Thébaïde, en appliquant à son auteur l’épithète
1. Denys d’Halicarn., Veterum scriptor. censura, IT : ?’Avriuayos d’edroviag xal &ywviorixnc Touyvrnros (ëppévrioev) —xai ToÙ cuvh0oUc Tic ëtahhaync. J'entends par ces derniers mots « le souci de s’écarter de l’usage commun ». Cf. Plutarque, Timoléon, 36 : Ta ’Avrmuayov loyov Éyovra xal Tovov Éxéebraopévorc xai xaramobvois Éouxe. Proclus, Comment. s. le Timée, I; Cicér. Brutus, c. 51, poema recondilum. Quintil. X, 1,53 : In Antimacho vis et gravitas et minime vulgare eloquendi genus habet laudem.