E. Bethe, p. 186 et suiv. Dôrpfeld, p
avait quelque chose de naïf qui convenait à la jeunesse de l’art. Quand on eut cessé de faire de belles tragédies, on s’avisa de faire de beaux théâtres.
Ce fut probablement le perfectionnement de la musique qui les rendit nécessaires. L'Odéon construit par Périclès pour les concours musicaux n’était qu’un théâtre plus pelit, approprié à une destination spéciale. Au 1v° siècle, les constructions définitives du théâtre de Dionysos s’élevèrent là où Eschyle avait dressé son modeste décor. Elles furent achevées dans la seconde moitié du même siècle sous l’administration de Lyecurgue !. Ce théâtre nouveau hérita naturellement des dispositions essentielles des théâtres de bois qui Pavaient précédé. Seulement à l’ancien zsosznvioy en bois on en substitua
un en maçonnerie. Le bâtiment de la scène devint un
monument. Plus tard, à l’époque romaine, des colon- -nes, des entablements, plusieurs étages d'architecture superposés en formèrent la décoration fixe. Elle avait sa raison d’être, lorsque le théâtre servait aux assemblées publiques. Pendant les représentations tragiques, elle disparaissait sans doute sous la décoration mobile que réclamait la pièce. Derrière ce mur du fond, et sur les côtés de la scène, on édifia, à différentes époques, des bâtiments destinés au service du théâtre. D'autre part, aux gradins taillés dans le roc, on substilua des gradins rapportés, avec certains sièges sculptés. Le théâtre devint alors un immense édilice, digne des autres monuments d’Athères. |
En dehors de cette ville, la Grèce vit s'élever, dans la même période de temps, beaucoup d'autres constructions analogues ?. Les premiers théâtres en pierre sem. blent dater partout du 1v° siècle. Celui d'Épidaure, œu-
1. Hypéride (ap. Apsines, Rhet. græci, Walz, IX, p. 545). [Plutarque), Dix orat. VII, 4. Cf. CIA, II, 240 et Pausan. I, 29, 16. 2, Voir la description des principaux de ces théâtres dans Dôrpfeld.
vre de Polyclète le jeune, est un des plus anciens. Après Alexandre, toute ville grecque de quelque importance voulut avoirle sien.
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L'organisation des représentations tragiques comprenait, outre l’installation d’un théâtre, la préparation du chœur et celle des acteurs. Sur ce double sujet encore, quelques renseignements sommaires sufliront 101.
La chorégie tragique était à Athènes une des contributions imposées à tour de rôle aux riches citoyens. Chaque année, peu après les concours tragiques, les tribus dont c'était le tour élisaient, parmi leurs membres, chacune un chorège, et le faisaient connaître à l’archonte. Ge chorège avait d’abord à constituer le chœur, puis à le faire instruire, enfin à l’équiper : tous les frais étaient à sa charge. Bien que formé par un particulier, le chœur, dans la cérémonie, avait un rôle public {: aussi ne devait-il en principe se composer que de citoyens; ce fut par une tolérance, devenue sans doute
nécessaire, qu’on finit par y admettre les métèques, mais
seulement aux Lénéennes 2. Tout chœur tragique était sacré, comme le chorège lui-mème; car il s’acquittait d’une fonction religieuse *. Par suite, les choreutes et le chorège étaient exempts du service militaire pendant Ja durée de la chorégie #. Quels que fussent les droits du chorège quant au choix des choreutes, il est bien
évident qu’en fait ce choix impliquait un arrangement
consenti de part et d’autre: on n’était choreute que
lorsqu'on voulait bien lêtre. Il y avait sûrement à
1. Les chœurs dithyrambhiques représentaient les tribus ; mais les chœurs tragiques semblent avoir représenté l’État tout entier. Voy. Haigh, The altic theatre, p. 79.