Photius, Lexique, iroëd4oxadoc
dans les Euménides d'Eschyle inspiraient l’effroi par leur seul aspect !: les Bassarides et Les Bacchantes, dans les pièces d’Eschyle et d'Euripide auxquelles elles donnaient leur nom, portaient nécessairement les insignes traditionnels des thyases de Dionysos, la nébride, le thyrse, le tambourin ?. C’étaient là toutefois des exceptons. En général, le chœur figurait simplement une troupe d'hommes ou de femmes, dont l'extérieur n'avait rien d’extraordinaire. Mais, alors même, il fallait bien marquer aux yeux les distinctions d’âge, de rang, de nationalité : c'étaient des vieillards ou des jeunes gens, des mères, des épouses, ou des jeunes filles, des hommes du peupleoudesgrands, des Grecsou des barbares. Le chœur des Suppliantes d’Eschyle, par exemple, portait des vêtements orientaux °. Dans des situations où le deuil était de la mise, comme dans les Choéphores, on l'habillait de noir *. Souvent aussi, 1l se montrait vêtu de riches étoffes, qui imitaient le brocart d’or . D’une manière générale, étant données les habitudes de la tragédie grecque, il est à peu près certain que les costumes des chœurs devaient viser bien moins à l’exactitude qu'à la beauté de la mise en scène. On ne se proposa probablement jamais à Athènes, comme on le fait chez nous, de copier, avec une fidélité scrupuleuse, la façon de se mettre qui était propre à tel peuple ou à telle classe. C'était assez d'indiquer les choses; on ne se souciait pas de les reproduire jusque dans le détail. En revanche, on recherchait évidemment tout ce qui augmentait l'effet scénique: les belles couleurs, les draperies simples et élégantes, parfois même Péclat de l'or, empioyé à propos, 1. Euménides, v. 46 et suiv., 192, 872. Cf. Vie d’Eschyle, p. 468, 10 Wecklein, et Pausanias I, 28, 6.
. Euripide, Bacchantes, v. 58.
. Eschyle, Suppliantes, v. 240.
. Eschyle, Choëphores, v. 19.
. Démosthène, Midienne, 22.
x & © NO
avec cette hardiesse de bon goût qui apparait partout dans l’art classique de la Grèce. Les choreutes, étant par convention d'un rang inférieur à celui des héros de la scène, n’avaient pas leur tenue majestucuse; d’ailleurs trop de pompe eùt été fort incommode pour marcher en cadence, et encore plus pour danser. Donc point de hauts cothurnes, point de vêtements trainants, rien de lourd ni d’encombrant. Sauf exceptious, lPidéal du chœur, c'était une sorte d’agilité gracieuse, parfaitement compatible d’ailleurs avec la gravité tragique. Ses évolutions étaient toutes clairement ordonnées. Le principe figuré d’où celles procédaient était la forme rectangulaire ‘. D'ordinaire, après s'être préparé derrière la scène, le chœur se rendait dans l'orchestra par l'une des entrées latérales qui séparaient la scène des sièges du public ?. Cette arrivée du chœur donnait lieu à un défilé qui formait une des parties attrayantes du spectacle. Lorsque les choreutes furent au nombre de quinze, ils s’avançaient ou bien par files de trois (Guy) sur cinq de profondeur, ou bien au contraire par rangs de cinq (o+%yot) sur trois de profondeur ; le premier mode s’appelait la marche par files (4xr4 Cvy4), le second la marche par rangs (xxT% cvofyous) ?. Comme le chœur entrait normalement par la porte de droite (c’est-à-dire à droite du public), c'était la gauche de la colonne qui était du côté des spectateurs. Aussi mettait-on là les meilleurs choreutes, ceux qu’on appelait pour cette rai-