‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 42 sur 351 · RO · texte numérisé non relu

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En portant le nombre des choreutes de douze à quinze, et en mettant à la disposition du coryphée deux souschefs ou parastates, Sophocle fit beaucoup pour donner à tous ces mouvements plus d’aisance ct aussi plus d’ampleur !.

Le chœur tragique évoluait soit en marchant, soit en dansant. La marche proprement dite convenait surtout au délilé d'entrée ainsi qu’à la sortie; elle se faisait au son de la flûte, el par conséquent elle était nettement rythmée ?. Pendant la pièce même, quand le chœur ne se tenait pas immobile, ses mouvements devaient être

plutôt des danses que des marches. D'une manière générale, la danse tragique s'appelait emmélie (éupéheua) Ÿ.

Ce qui la distinguait éminemment, c’étaient la noblesse

et la gravité. De là vient qu’en lopposant à l’hyporchème, vif ct léger, on la considérait à peine comme une danse. En l'absence de témoignages précis, il convient de se la représenter comme un système d’évolutions lentes et symétriques, exécutées à pas rythmés, sans rien de brusque ni de saccadé #. Mais en admettant

multané de deux chœurs dans une même pièce, par exemple d’un chœur d'hommes et d’un chœur de femmes, comme dans la Lysistrale d’Aristophane. Ge n’est pas là le sens naturel du passage de Pollux.

4. Voyez Muff, Chorische Technik des Sophokles, p. 11 et suiv. Les deux textes principaux sur les parastates sont: Aristote, Politique, IIT, 4 et Métaphysique, IV, 11.

2. Le fait est attesté pour la sortie. Il est prouvé pour l’entrée par cette simple observation, qu’au temps d’'Eschyle, elle était ordinairement accompagnée d’une récitation anapestique.

3. Pollux, IV, 99; Lucien, Danse mimique, 22 et 26. Sur son caractère propre, Athén. XIV, 730 E; Platon, Lois, VII, p. 816 A.

4. Signalons, à titre de simple rapprochement, le bas-relief n° 59 dans les Monuments fiqurés du Voyage archéologique de Le Bas (éd. Reinach). Ce monument représente probablement une nymphe (?) dansant devant une statue de Pan. Le mouvement de la danseuse indique que le pied glisse sur le sol, dont il se détache à peine. L’attitude, droite sans raideur, est pleine de grâce et de dignité. Les longues draperies flottent légèrement autour du corps, qu’elles en-

que ce füt là le type de l’emmélie, il semble bien qu’elle ait comporté de nombreuses variations. On nous parle en effet des figures (syuxTx) qu’inventaient les poètes, ou, plus tard, leurs chorodidascales {. Au temps d’Eschyle encore, ces figures étaient même accompagnées parfois d'une mimique expressive. Son chorodidascale, Télestès, sut imaginer, dit-on, des gestes quitraduisaient les paroles. Dans les Sepé, il rendait visibles en quelque sorte, par la pantomime qu'il enseigna au chœur, les spectacles que décrivait le poète ?. Plus tard, il est vrai, le goût devint plus sévère et la danse du chœur tragique se fit de moins en moins expressive ÿ, Mais, à côté de l’'emmélie ainsi simpltiée, il y eut toujours dans la tragédie d’autres, danses plus vives, qualifiées du nom général d’hyporchèmes. Les anciens les caractérisaient en disant que, dans lhyporchème, le chœur dansait tout en chantant #; cela prouve que, dans l’emmélie,ses pas ressemblaient à une marche plutôt qu’à une danse proprement dite. L'hyporchème tragique ne devait être en somme qu'une image assez affaiblie de l’ancien hyporchème. Il ne pouvait en avoir ni l’ampleur ni la mimique. Mais enfin, c’était une véritable danse, relativement vive et rapide, qui formait comme un épisode joyeux dans un drame sombre.

véloppent sans l’embarrasser. L’artiste a dû se souvenir de l’emmélie tragique; en tout cas, il nous en donne l’idée.

4. Plutarque, Propos de table, VIII, 9, 3, 10; Athénée, I, p. 21 E. Voyez plus haut, p. 48, note 2.

2. Athénée, I. p.21 E et p. 22 A. Ce second passage semble dire que c'était Télestès lui-même qui exécutait cette pantomime; mais il ne pouvait l’exécuter que devant le chœur, pour la lui enseigner avant la représentation, puisqu'il était chorodidascale; à moins qu’il ne fût en même temps coryphée.

3. Fragment d’un poète comique anonyme (Platon ou Aristophane chez Athén. XIV, p. 628 F) ; Nô5v dE dpootv o2div, 41)’ wonep anotr- HTOL GTAÔNY ÉGTUTES WPUOVTAL.

4. Cramer, Anecdota Paris. T, p. 19. Athén. XIV, p.631 C. Proclus, Chrestomath., p. 320 D, Bekker.

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