Aristote, Rhétorique, III
RTE. SE EE
a plutôt lieu de croire que, dès ce temps, les poètes eurent des hommes de confiance pour les suppléer au besoin. En tout cas, dès qu'il y eut un deutéragoniste atlitré, la profession d’acteur devint nécessairement indépendante de celle de poète. Les gens qui en firent métier s'y distinguèrent par des aptitudes spéciales, que l'exercice développait. Il en résulta que les poètes trouvèrent bientôt avantage à leur céder la place. C’est ainsi que, au temps d’Eschyle déjà, Cléandros d’abord, et, un peu plus tard, Mynniscos de Chalcis acquirent une réputation en Jouant ses pièces. Cela laisse supposer que le poète leur attribuait, quelquefois au moins, les premiers rôles !. Sophocle joua encore lui-même dans sa jeunesse; puis la faiblesse de sa voix l'y fit renoncer ?. Mais déjà l’ancien usage achevaitde se perdre, et bientôt la profession d’acteur s’organisa complètement. Il semble qu’au début ceux qui s’y adonnaient aient été indépendants
les uns des autres. Plus tard, on vit se former de peti-
tes troupes, qui avaient parfois pour chef un protagoniste, menant avec lui ses auxiliaires; et enfin, après la période atlique surtout, de larges associations, qui étaient en même temps des confréries. Il suffit ici d’indiquer ces faits sans y insister ?, En revanche, n’omettons pas de remarquer que les acteurs tragiques en
Grèce participèrent longtemps au caractère sacré de la
tragédie elle-même. Ils devaient à leur profession une sorte d’inviolabilité, grâce à laquelle ils étaient accueillis partout. On en profita pour les charger parfois de missions diplomatiques; d’où l’on doit conclure qu'ils n'étaient l’objet d’aucune mésestime.
Les témoignages anciens nous montrent les acteurs rétribués par l’État. Le chorège n’a pas affaire à eux #.