‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 48 sur 351 · Vie de Sophocle, p. 127, 26, Westermann · texte numérisé non relu

Vie de Sophocle, p. 127, 26, Westermann

3. Voy. Foucart, De collegiis scenicorum artificum, Paris, 1873. 4. Les salaires alloués par l'Etat aux acteurs étaient élevés. Po-

cÉER

C’est l’archonte, chargé de la fête, qui traite avec eux. Une fois ce traité passé, ils sont attribués à tel ou tel poète, comme les chœurs. C'est ce qu'on appelle le partage des acteurs (véunous r@v üroxpurv) !. Ce partage, nous dit-on, était réglé par le sort. D'autre part nous savons par plusieurs témoignages que les poètes du v° et du 1ve siècle avaient leurs acteurs préférés, et même composaient pour eux des rôles appropriés à leur talent *. Contradiction véritable, qui reste encore à résoudre. En scène, tous les acteurs portaient un masque. Il n’est guère douteux que le masque tragique n’ait eu une origine religieuse. De tout temps, dans les fêtes rustiques de Dionysos, on s’était barbouillé de lie et couvert la tête de touffes de plantes, dont le feuillage retombait comme une sorte de voile. C'était là peut-être un jeu, qui avait fini par devenir un usage sacré. Toutefois, il pourrait se faire qu’il y eut lieu de distinguer ici entre le rite tragique et celui de la comédie. Ce qui a fait la tragédie, c’est l'introduction d’un personnage fictif dans le dithyrambe. Ce personnage élait ordinairement un dieu ou un héros. Celui qui le jouait devait, par une convenance à la fois dramalique et religieuse, se donner à lui-même l'aspect le plus conforme à son rôle. On sait que pendant longtemps, dans les processions, il y eut ainsi des gens qui représentèrent les dieux au naturel *. Et dans le drame même, le déguisement des choreutes en satyres témoigne de ce goût d’imitation. Il n’est pas improbable que l'usage du masque tragique en dérive également. Suidas nous dit assez confusément que Thespis se ser-

los gagnait un talent en deux jours (Plut., Dix orat., Démosth., 66). Cela faisait près de 6000 francs de notre monnaie, mais représentait en réalité une somme beaucoup plus forte.

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