‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 49 sur 351 · Vies d’Eschyle et de Sophocle. Aristote, Poélique · texte numérisé non relu

Vies d’Eschyle et de Sophocle. Aristote, Poélique

3. Voir les témoignages réunis par Hermann, Goftesdienstl-Allerthümer, $ 35, n. 21,

vit, pour se masquer, de céruse ou de fard (du5610v), puis de toulfes de pourpier (dvdoéywn), et enfin de masques en toile (696vn) !. Il est difficile de croire que ce éoit là un ordre chronologique. Le pourpier a pu servir à des drames où l'élément bachique dominait, tandis que le fard et plus tard les masques de toile durent être employés de préférence dans la tragédie proprement dite. A la fin du vire siècle et au commencement du ve, le masque tragique se perfectionna rapidement. Chœrilos, Phrynichos et Eschyle contribuèrent, dit-on, à ce progrès, ce dernier plus que personne?. Après lui, il n’y eut plus d’amélioration essentielle, sans doute parce qu'on n’en avail plus à désirer.

Le masque est un des signes extérieurs qui manifestaient le mieux le caractère idéal de la tragédie grecque. Évidemment, il excluait toute représentation minutieusé de la vie morale, car il supprimait les jeux de physionomie. Quand un personnage restait en scène depuis le commencement de la pièce jusqu’à la fin, commele Prométhée d’'Eschyle ou l'Œdipe à Colone de Sophocle, l'expression de son visage était toujours la même, puisqu'il lui était impossible de changer de masque. Elle ne pouvait donc traduire quetrès sommairement la souffrance ou les sensations vives, sous peine d’offrir un spectacle ridicule par sa continuité. Si le personnage sortait à plusieurs reprises, ce qui était l’ordinaire, 1l pouvait sans doute changer de masque; mais alors même son expression avait toujours quelque chose de durable, ces changements étant rares. Par suite, il y a licu de croire que l’art du ve siècle, sous l’influence de la sculpture contemporaine, dut viser surlout à donner aux masques tragiques une sorte de beauté grave et triste, qui n’ad-

1. Suidas, Oéonx. Sur le masque tragique, voir P. Girard, Rev. des Ét. gr., 1891, p. 168 suiv.

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