Plutarque, Cimon, pass. cité
5. Voyez notamment, sur le x\wou6s Où « grognement », l’art. du lexique d’Harpocration, au mot éxAwÿete.
Hist. de la Litt. grecque. — T. III. 7
voulait ainsi. Les longues contraintes le fatiguaient; il débordait au théâtre, comme à l’agora, comme dans les tribunaux, comme partout. Cela même élait une partie de l'effet heureux des grandes œuvres tragiques. Elles faisaient vibrer avec force âme populaire; elles donnaient l'essor à toutes les puissances d’amour ou de haine qui s’agitaient en elle, et par là, comme Pa senti Aristote, elles la purifiaient !. L'observation ingénicuse du philosophe a dû lui venir à lesprit au théâtre d’Athènes, un jour que Théodore ou Polos interprétait Euripide.
Une fois le concours terminé, l’archonte en faisait dresser une sorte de procès-verbal sommaire, qui était déposé aux archives. On y trouvait naturellement le titre des pièces, les noms des poètes et des chorèges, ceux des protagonistes (du moins à partir du moment où ils commencèrent à compter), et enfin la sentence des juges ?. À une date plus récente, mais difficile à déterminer, l'usage s’introduisit de rédiger ces procèsverbaux sous forme d'inscriptions et de consacrer ces. inscriptions dans l’enceinte du téménos de Bacchus à. D'autre part, c'était l'habitude des chorèges vainqueurs d’ériger, en souvenir de leur victoire, un monument, dont la partie principale consistait en un trépied et qui portait une inscription commémorative. Ces diverses inscriptions constituaient une série de documents sûrs, où étaient contenus tous les faits principaux de l’histoire du drame. On comprend aisément quel intérêt ils durent offrir à ceux des anciens qui s’occupèrent de préparer ou d'écrire cette histoire. Aristote fut un des ‘premiers à les recueillir. Il constilua ainsi la collection
1. Aristote, Poélique, c. 6. Voir Weil, Études, etc., p. 157 et suiv.
2. Boeckh, CIG, 1, p. 350 et Kœhler, Miltheil. d. archeol. Instit. in Athen. III, p. 112 et suiv.et 129 et suiv.
SCA ,1E,,972;: 978, 974,975
LES DIDASCALIES 99
des Didascalies ou Victoires dionysiaques !. D’autres l’imitèrent, et l’érudition alexandrine en profita. De recueils ainsi formés sont venus les fragments de notices que nous trouvons encore çà et là, mêlés aux arguments des tragédies grecques dans les manuscrits. Dérivant de sources officielles, 1ls contiennent des renseignements précis, dont la valeur a été reconnue depuis longtemps.
Voilà, très sommairement, ce qu’il importe le plus de savoir au sujet de la forme des concours tragiques, des ressources dont disposaient les poètes, et des conditions spéciales qui leur étaient imposées. Passons mainte: nant à la tragédie elle-même, et voyons cequ’elle était, considérée dans son ensemble et dans ses parties.
1. Diogène Laerce, V, 26. Les Giûacxaïtar d’Aristote sont fréquemment citées ; ses vixar drovuotaxat le sont moins souvent. Primitivement le mot Gôüacxakia signifiait représentation ; on est passé de là naturellement au sens de « procès-verbal d’une représentation »,« notice commémorative ».