Tome IT, p. 117 et suiv
aussi par instants, tout cela révèle une société où l’esprit est fèté. Avec Pisistrate et ses fils, les premiers monuments d'Athènes s'élèvent; l’acropole s’embellit; un art attique vient au monde. Une statuaire encore raide et sèche, mais fine et sincère, visant à la précision et à l'élégance produit des œuvres que nous voyons aujourd'hui reparaître au jour avec une curiosité où il entre déjà de l’admiration. C’est le temps où la tragédie et le drame satyrique prennent naissance. Le [lyrisme étranger est alors appelé en Attique. Anacréon vient d'Asie Mineure et Lasos d’Argolide. En même temps, l’ancienne poésie épique est remise en lumière par l’éclat nouveau donné aux grandes récitations des rhapsodes. La poésie religieuse et mystique se développe tout à coup d’une manière surprenante ‘. Des fêtes nouvelles sont instituées. Autant de signes qui laissent deviner combien l'âme athénienne s’élargit rapidement.
Dans le dernier quart du vi* siècle, sous le gouvernement d’Hippias, Athènes, certainement, laissait déjà prévoir sa brillante destinée. Elle tendait à devenir une des grandes cités intelligentes du monde grec. Toutefois, sur le continent, Sparte lui était supérieure en puissance et en prestige. D’autres villes, Thèbes, Corinthe, Sicyone même et Mégare, rivalisaient avec elle. Mais ce qui faisait la force d'Athènes, c’est qu’elle grandissait de jour en jour. La population de l’Attique tendait à se concentrer dans sa capitale. Là se formait une société intelligente ?, curieuse, déjà polie, qui encourageait ses poètes et ses arlistes, qui voyait avec faveur ceux du dehors venir à elle. Le génie national s’ouvrait aux idées et aux sentiments nouveaux, et, tout en gardant sa finesse propre, il visait manifestement à la grandeur.
4, Tome II, p. 444 et suiv.
2. Hérodote (I, 60), à propos des Athéniens du temps de Pisistrate : Toïor nowtoust Acyomévoror ever “EXAnveov copinv.
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