Westphal, ouvr. cilé, p
tandis que le troisième en a 29. Dans les Perses, le premier en à #76, le second 34. Frappante chez Eschyle, cette disproportion n’est guère moindre chez Sophocle et chez Euripide. On peut donc la considérer comme un des traits distinctifs de la tragédie grecque. Celle-ci lui a dû une liberté d’allure très particulière. Le poète, n'étant pas obligé de partager son action en groupes de scènes à peu près égaux, la divisait à son gré, selon les convenances du sujet. C'était une difficulté de moins qui lui était imposée, et la composition dramatique y gagnait en naturel. Il est vraiment remarquable que les Grecs, toujours préoccupés d'équilibre et desy métrie, s’en soient dispensés à cet égard. Quelle qu’en ait été la raison, ül semble bien que la tragédie y ait trouvé avantage.
Si l'étendue des épisodes était arbitraire, leur nombre n’était pas non plus déterminé très rigoureusement. Au temps d’Eschyle, ilest vrai, l'usage tendait à s'établir de considérer comme normal le nombre de quatre stasima !. Il en résultait que la pièce avait quatre épisodes, auxquels s’ajoutait Le prologue, lorsqu'il y en avait un. Par suite, les pièces sans prologue, comme les Suppliantes ou les Perses, n'avaient que quatre parties, tandis que les tragédies à prologue, comme les Sept, Prométhée, Agamemnon, les Choéphores, les Éuménides, en avaient cinq. Mais cette habitude semble avoir été presque rejetée par Sophocle, à en juger d’après ses pièces subsistantes. Ajax, Électre et Philoctète sont les seules de ses tragédies qui présentent la division en cinq parties. OEdipe roi, OEdipe à Colone et les Trachiniennes en ont six; Antigone en a sept. Euripide, à cet égard, est plus assujetti que Sophocle à une règle fixe. Sur les dix-sept tragédies de ce poète que nous possédons encore, une seule, Électre, n’offre que quatre parties; les Héraclides,
4. Y compris la parodos, qui est assimilable à un stasimon, en ce qu’elle marque une des grandes divisions de Ia pièce.
les Suppliantes, Médée et les Phéniciennes en ont six; les douze autres en ontcinq. On voit par là que ce nombre de cinq, sans s'imposer rigoureusement aux poètes du siècle de Périclès, tendait pourtant à se faire accepter par eux comme le plus convenable. Nous ignorons en quel temps au juste la division en cinq actes se substitua à la division en épiso les. Horace, dans son Art poétique, en fait l’objet d'une prescription formelle !, Il est évident par là que, de son temps, cette division était à peu près incontestée dans la tragédie romaine. Et, comme celle-ci avait pris modèle sur la tragédie grecque, on doit croire que les Grecs avaient adopté ce mode de division vers la fin de la période classique. Il est probable qu’il dériva naturellement de l'usage des embolima. Les slasima ralentissaient laction plutôt qu'ils ne l’interrompaient; les embolima au contraire la suspendaient absolument ; c’étaient de véritables entr’actes. Dès qu'ils furent en usage, cette sorte de continuité qui caractérisait la vieille tragédie grecque disparut. Le drame fut comme coupé en morceaux. Dès lors, la nécessité s'imposa de donner à chacun de ces morceaux une importance à peu près égaleet d’en faire un tout. L'épisode était souple el variable : tantôt simple scène de transition, tantôt groupe complexe qui avaiten lui-même ses péripéties. L'acte au contraire fut arrêté dans ses formes et rigoureusement mesuré dans son étendue ?.
Chez les modernes, les actes se divisent en scènes ; division qui est marquée uniquement par l’entrée et la sortie des personnages. Une scène est un dialogue entre un certain nomore de personnages. Si l’un d’entre eux