‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 71 sur 351 · ROLE DU CHŒUR · texte numérisé non relu

ROLE DU CHŒUR

toujours en s’effaçant à mesure que son importance diminuait ; au contraire, celle de l'acteur, attirant de plus en plus l'intérêt, se subdivisa d’abord en plusieurs rôles, puis, dans chacun de ces rôles, elle prit chaque jour plus de variété.

Cette première vue nous explique immédiatement la divergence d’opinions des critiques au sujet du chœur. Horace, traduisant évidemment des idées plus anciennes, veut que le chœur agisse, qu’il ait son rôle à lui, comme un véritable acteur !‘; mais quand il définit ce rôle, il le réduit à énoncer des maximes générales ?, Aristote d'autre part fait du chœur une sorte de spectateur bienveillant, qui n’agit pas ÿ. La vérité est que le rôle du chœur a varié sans cesse, et qu'aucune formule par suite ne peut en rendre compte exactement. Les différentes phases de cette variation seront mieux caractérisées plus tard, lorsque nous étudierons successivement la conception dramatique propre à chacun des maîtres de la tragédie. Quant à la raison qui explique ce déclin uniforme et constant du chœur, elle est évidente. Le principe d’action qui était dans la tragédie se dégageant de plus en plus, il fallut de toute nécessité qu’elle sacrifiât ceux de ses éléments qui étaient impropres à l’action. Le chœur fut condamné par là même. S'il se défondit jusqu’à la fin de la période classique, il dut cette force de résistance, qui n’était pas en lui-même, à la tradition, d’une part, et à l’art des maîtres, d’autre part:

Sauf de très rares exceptions, dont la plus notable nous est offerte par les Ewmnénides d'Eschyle, le chœur tragique se compose de personnes d'un rang inférieur #,

L] 1, Horace, ad Pisones, 193.

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