‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 76 sur 351 · LANGUE DE LA TRAGÉDIE · texte numérisé non relu

LANGUE DE LA TRAGÉDIE

métries exactes, là où elles ne sont pas apparentes, on en vient presque nécessairement à établir dans beaucoup de passages des groupements de pensées qui sont arbitraires, et parfois, en désespoir de cause, à supposer des lacunes ou des additions. C’est l’abus d’une idée juste. La musique seule a cette rigueur, parce qu’elle est assujettie à un compte de temps tout à fait exact. En dehors des parties chantées, une correspondance approximative devait parfaitement suffire à satisfaire le goût du public. Dans la scène d’Œdipe rot entre OŒdipe et Tirésias (v. 300), il est manifeste qu’au milieu du dialogue deux discours parallèles se détachent, celui du roi et celui du devin. Si nous comptons les vers, ces deux discours ne sont pas tout à fait égaux; mais, si nous nous contentons de les écouter, ils se font contrepoids très exactement l’un à l’autre, parce qu'avec une étendue presque égale ils ont la même valeur dramatique. Ce genre de symétrie, par à peu près, est, croyons-nous, celui quia prédominé dans la tragédie grecque au ve siècle, en dehors des parties lyriques. Il suffit à lui donner un caractère de régularité qui la distingue profondément, jusque dans la forme, detoutes les autres tragédies. |

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