‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 81 sur 351 · ESCHYLE · texte numérisé non relu

ESCHYLE

BIBLIOGRAPHIE

ManuscriTs. Sur les manuscrits d’Eschyle, consulter principalement la préface de Dindorf, en tête du tome IT, 1'e partie, de son édition, et aussi les préfaces de MM. Wecklein et Weil dans leurs éditions respectives.

Ilestà peu près établi que tous les manuscrits connus d’Eschyle procèdent d’un même archétype, qui est le Mediceus de la bibliothèque Laurentienne de Florence (plut. 32, 9). Ce manuscrit, du x° ou du xre siècle, contient les sept pièces subsistantes, mais avec trois lacunes (Agam. 323-1050, 1159-1673, et Choéphores, début). Le texte est de deux mains différentes. II y a des additions ou des corrections dues encore à d’autres mains. Malgré sa valeur, le Mediceus est fort imparfait. Il offre beaucoup de passages inintelligibles ou manifestement altérés.

Les autres manuscrits n’ont qu’une importance secondaire. Mentionnons seulement le Florentinus (Bibl. Laur. 31, 8) du xiv® siècle, qui a servi à compléter le texte de l’Agamemnon. Ce manuscrit et quelques autres abondent en corrections conjecturales dues à divers grammairiens ; la critique moderne en a souvent profité. — Un grand nombre de manuscrits ne contiennent que trois pièces (Prométhée, les Sept, les Perses) : ce sont celles qu’on étudiait communément dans les écoles byzantines. |

SCOLIES. Avec le texte d’Eschyle, la plupart des manuscrits conservés nous ont transmis des scolies. Le premier recueil de ces annotations anciennes a été publié par les Aldes en 1518. Mais il faut mentionner surtout l’édition de Roboxtellus, Venise, 1552. Cette collection a été augmentée peu à peu et

BIBLIOGRAPHIE 165

pourrait l’être encore, s’il y avait quelque profit à en espérer. Mais, de nos jours, on à compris que la plupart des scolies byzantines sont un véritable fatras, dont il n’y a rien à tirer. Dindorf, dans son édition, a donné l’exemple de mettre à part les scolies du Mediceus, et il a eu le mérite d’en faire ressortir l’immense supériorité. Depuis lors, elles ont été publiées de nouveau, après une révision attentive, par Wecklein, dans son édition d’Eschyle. Ces scolies sont manifestement dérivées des commentaires des Alexandrins. Elles sont courtes 'et instructives. Leur brièveté même prouve qu’elles doivent être considérées comme un abrégé d’une annotation plus complète, aujourd'hui perdue.

Parmi les scolies byzantines, signalons seulement le groupe des scolies métriques (resot péromv), attribuées à Démétrius Triclinius.

ÉDpirions. L'édition princeps d'Eschyle parut en 1518, à Venise, chez les Aldes (Æschyli tragædiæ sex.) Etablie d’après une copie du Mediceus, elle réunissait en une seule tragédie l’Agamemnon et les Choéphores, en raison des lacunes du manuscrit ; il n’y avait donc que six pièces au lieu de sept. — Cette erreur fut corrigée seulement en 1557, dans l'édition publiée à Paris par Pierre Vettori et H. Estienne. — Les premières améliorations sérieuses du texte sont dues surtout à Canter (Anvers, 1580), suivi de près par Stanley (Londres, 1663), et à Schütz (Halle, 1782-94; rééditions, 1799-1807 et 1809- 1822). Mais c'est en notre siècle que le texte du grand poëte a été corrigé avec méthode et hardiesse à la fois. Il faut citer l'édition de Wellauer (Leipzig, 1823-1830), celle d’Ahrens (Bibl. Didot, Paris, 1842), et tout particulièrement celles de Dindorf (Æschyli tragædiæ superstites et deperditarum fragmenta cum annotationibus et scholiis græcis, Oxford, 1841-1851 ; et Poelæ scenici græci, 1reéd. Leipzig, 1830 ; 3°éd. Londres, 1869); puis les deux éditions de M. Weil, la première (Giessen, 1858-67) remarquable par d’heureuses conjectures, et aussi par l’élégante concision des notes ; la seconde (Teubner, 1884 ; réimprimée en 1896) contenant une préface relative aux manuscrits d’Eschyle ; celle de Merkel (Oxford, 1871); et enfin celle de Wecklein et Vitelli (2 vol.,av. suppl. Berlin, 1885-1893), fondée sur une révision très attentive du Mediceus ; cette dernière édition contient Les scolies du Mediceus, et un appareil critique fort complet (dans le t. IT),

4. Voyez cependant Wilamovitz, Hermes, XXV (1890), p. 161 suiv.

où sont notées à peu près toutes les conjectures de quelque valeur qui ont été proposées pour la restitution du texte.

Outre les éditions complètes, il a été publié un grand nombre d’éditions des pièces séparées. Nous ne pouvons les énumérer ici. Rappelons seulement cel le des Euménides d’Otfr. Müller (Gættingen, 1833), accompagnée d’une remarquable dissertation, souvent citée, sur la mise en scène et la composition de’ cette tragédie; et mentionnons en outre l’édition annotée de l’Orestie de Wecklein, Leipzig 1884, ainsi que celle de Wilamowitz-Mœllendorf, avec traduction en vers allemands et commentaires (Aeschylos Orestie, Berlin 1896 ; les Choéphores seules ont paru jusqu'ici).

Les fragments d'Eschyle se trouvent dans la plupart des éditions complètes précédemment citées (notamment dans celles de Weckleïn : Partis I auctarium, fragmenta, Berlin, 1893). Voir en outre, en tête du chap. IT, la bibliographie pour les recueils généraux de fragments des tragiques grecs.

LExIQUES. Notons d’abord ici le lexique de Faehse, commun aux trois tragiques (Leæicon græcum in tragicos, 2 vol. Primislaviæ, 1830-32); puis les lexiques, spéciaux à Eschyle, de Linwood (Londres, 1843) et de Wellauer (Leipzig, 1830; formant le tome IIT, en ? parties, de son édition). En raison des corrections apportées au texte, ces ouvrages ont beaucoup vieilli. Le seul lexique dont on se serve aujourd’hui est celui de Dindorf (Lexicon Æschyleum, Leipzig, 1876).

SOMMAIRE I. Vi: et caractère d’Eschyle. — II. Ensemble de son œuvre. Ce qui en reste. — III. Ses idées religieuses et philosophiques. —

IV. Comment Eschyle conçoit la tragédie. Structure de ses pièces au point de vue théologique et au point de vue dramatique. — V. Grandeur et simplicité des personnages. — VI. Le poète lyrique, — VII. L’écrivain. — VIII. Influence d’Eschyle.

Trois noms dominent l’histoire de la tragédie grecque au v® siècle : ce sont ceux d'Eschyle, de Sophocle et

Page 1