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: 2. Pour l’analyse et l’appréciation détaillées de ces pièces, consulter le 4 volume de l’ouvrage cité de Patin. Lire aussi P. de Saint-Victor, Les deux Masques, ouvrage plus brillant, à vrai dire, que solide.
3. Cela résulte très clairement de sa structure même. Les raisons de cet ordre sont infiniment plus probantes, quand elles sont précises, que de prétendues allusions historiques, extrêmement douteuses. |
titution primitive de la tragédie grecque. Deux acteurs suffisent à jouer les autres personnages, qui sont seulement au nombre de trois !. Au point de vue moderne, une tragédie toute en plaintes, en prières, en hésitations, en menaces, sans événements imprévus, sans complicacation, ne paraît guère satisfaire aux conditions mêmes du théâtre. Mais on ne peut nier qu’Eschyle n’ait su prèter à ses personnages dessentiments ardents et profonds et qu’il n’en ait habilement varié :e développement par des fluctuations d'espérance et d'angoisse. La parodos, la scène de la méditation du roi, les chants du chœur sont des morceaux d’une grande beauté, malheureusement rendus obscurs par l'état défectueux du texte. — Il n’est pas douteux que la tragédie des Suppliantes ne fit partie d'une trilogie, dont elle devait être la première pièce. On a conjecturé que les Égyptiens et les Danaïdes pouvaient lui faire suite. Le peu que nous en savons ne permet pas de rien affirmer à cet égard ?.
Les Perses (Ilépsa) sont de 472 $. Eschyle, en y célébrant la défaite de Xerxès, l’a représentée comme l’accomplissement des oracles et la punition d’un orgueil surhumain. C’est là l’idée qui domine toute lapièce et qui en règle la marche. Au début, les pressentiments du chœur, formé des vicillards perses, les espérances inquiètes d’Atossa, mère de Xerxès; puis le message fatal, par le-
1. Au protagoniste, devait appartenir le rôle de Danaos d’abord, puis celui du héraut égyptien; au deutéragoniste, celui du roi; répartition qui a obligé le poète à éloigner Danaos de la scène, quand le héraut arrive, c’est-à-dire au moment où sa présence y semblait le plus nécessaire,
2. Discussion dans Hermann, Opuscules, t. IT, et Welcker, Kleine Schriften, t. IV. Æsch.Fabulæ de Wecklein, Pars I, suppl. p. 419, Aiyôrriot.
-3. Argument de la pièce. Elle fut représentée une seconde fois à Syracuse, sur ledésir de Hiéron (Vie anonyme. Cf. Schol. Aristoph., Grenouilles, 1028). Mais il est fort douteux qu’Eschyle à cette occa-
sion ait remanié sa pièce (Introduction des Perses, éd. L. Schiller et Conradt, p. 30).
quel éclate le désastre de Salamine, œuvre d’un dieu ; ensuite l’évocation de Darius, quiconfirme avec une autorité presque divine l'interprétation déjà donnée aux événements, et qui en fait ressortir l’aspect religieux en même temps qu'il en montre les suites ; enfin le retour de Xerxès vaincu et le spectacle de sa misère morale. Comme structure, cela est aussi simple que les Suppliantes. Deux acteurs encore, pas davantage !. Malsré cette pauvreté de moyens, l'effet dramatique est aussi grand ici que l’effet lyrique. À côté de chants de toute beauté, tels que la parodos ou encore le stasimon qui suit le départ de Darius, les scènes saisissantes se multiplient: c’est le premier dialogue d’Atossa et du chœur, c’est l'entrée du messager et son magnifique récit, c’est l’apparition du vieux roi, c’est enfin le xouy6ç final, où les vieillards demandent compte au malheureux Xerxès de tous ceux qu’il a perdus. L’enthousiasme patriotique du poèle se fait sentir dans toute la pièce, d'autant plus beau qu’il est tout pénétré de pensées religieuses qui le dépassent et qu'il n'exclut pas un sentiment de pitié humaine pour les vaincus. Une vue politique s’y ajoute, qui probablement manquait aux Phéniciennes de Phrynichos : toute la pièce fait ressortir ce qu’il y a de délinitif dans le succès des Grecs. Le groupe tétralogique auquel appartenait cette tragédie était ainsi constitué : Phinée, les Perses, Glaucos de Potnies, et comme drame satyrique, Prométhée ?. On a vainement cherché à établir par conjecture un lien entre ces sujets, manifestement indépendants *.
1. Le premier acteur tient les rôles pathétiques d’Atossa et de Xerxès ; le second, ceux du messager et de Darius. Atossa, par suite, est absente lors du retour de son fils, comme Danaos l'était à l’arrivée du héraut, et pour la même raison.