V. 480. ‘Tévra moonvoov dià crop AYVUY péarvav
2, Aristoph., Grenouilles, 824 : pnuata youporayn. Quatre vers plus haut, opevotéxtwy àvio « un homme à l’esprit constructeur » ; il dresse de vraies charpentes d'idées en effet.
audace et liberté !, mais aussi avec un remarquable instinct de poète etde musicien. Ce qu’il leur demande d’abord, c’est de ne pas ressembler au parler commun; il faut, pour lui convenir, qu'ils aient grand air ? ; ensuite, qu'ils associent une idée ou une sensation forte à un son large et plein. Aristophane les appelait en riant « des mots à cheval » (fux8" imro6äiuovx) ?, ce qui ne lempêchait pas de les admirer. Et rien n’est plus jusüfié que cette admiration; car les grands mots sont malaisés à manier. Vides de sens, ils sont ridicules; et soutenus par la pensée seule, ils sont au moins disproportionnés. Pour qu’on les juge appropriés, il faut qu'ils soient non seulement pleins de sens, mais pleins de passion et d'enthousiasme. Voilà justement le don d’'Eschyle #. En lui,la source poétique est si large, le flot si abondant et si fort ÿ, que nous sommes ravis de voir les idées et Les images s'élever incessamment sous nos
4. Aristoph., Grenouilles, 932 : moqueries sur le £0ÿ8005 inrnahextoywy. Beaucoup de ces composés sont devenus très obscurs de fort bonne heure. Voyez Choéphores, 343, veoxpäta, compris par le premier scoliaste, mais étrangement traité par ses successeurs. — Eschyle a été parmi les poètes tragiques le plus grand inventeur de mots. Dindorf (Lexic. Æschyleum, p. 404) exprime ainsi le résultat d’une comparaison faite à ce point de vue entre les trois grands tragiques grecs : Ex duobus hujusmodi indicibus statim intelligitur Euripidem, qui communi ætatis suæ lingua atticorum utebatur, perpauca ipsum invenisse vocabula, paullo plura Sophoclem, longe plurima Æschylum, cujus vel in septem quæ supersunt fabulis perditarumque fragmentis centena reperiuntur vocabula nusquam alibi lecta, et haud dubie millena lecta fuerunt in fabulis plus quam sexaginta quæ perierunt. — Cf. Todt, De ‘Æschylo vocabulorum inventore, Halle, 1855.
2. C’est ce que l’Euripide d’Aristophane fait entendre ironiquement par l’expression injurieuse xouraouara (Gren., 940).
3. Grenouilles, 821 : fruax? innofiuova. Ibid., 924, pruata Boerx... — OppÙs Éyovtra xai }opous, OEtV ÉTTA LODHONWTA, — dYvETA TOs Dewpévois. Et encore, 929 : ffua0’ inréxpnuva — & Evpéaheiv où padtov 4.
4. Grenouilles, 1059 : dvdyaxn — psyahwv yvoucv xai Gravorov Tox nai TO PRLATE TLATELV.