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à une règle. C’était un esprit de mesure, qui exigeait le détachement des biens de ce monde, mais non le renoncement aux devoirs sociaux. Le moine devait se rappeler que l'Évangile ne prêche pas, comme le premier devoir après l’amour de Dieu, un héroïsme d’abstinence où peut entrer une part d’orgueil, mais l'amour du prochain, la charité active. L’évêque de Césarée prêchait d'exemple, en créant tout ce quartier nouveau qui était comme une cité d’hôpitaux et de maisons de refuge, et, si l’enseignement d’Eustathe lui avait profité, il ne semble pas que personne avant Basile, ni Eustathe ni aucun autre, eût conçu un plan aussi vaste et l’eût réalisé avec tant de bonheur.
Nous laissons aux théologiens le soin de déterminer avec exactitude la place qui revient à Basile dans la formation définitive du dogme trinitaire. On lui a reproché parfois certains ménagements envers les Homéousiens, et, au contraire, une certaine raideur vis-à-vis des Occidentaux et particulièrement du pape Damase. L’extrême confusion où était alors l’Orient et le besoin urgent d’en finir avec l’anarchie peuvent expliquer qu’il ait évité de froisser certains représentants modérés du semi-arianisme, tandis qu’il combattait avec une passion ardente l’anoméisme d’Eunomios. Le peu de succès de son appel aux Occidentaux et le caractère de Damase permettent de comprendre que, dans les rapports qu’il eut avec eux, il ait éprouvé quelque amertume. Ce qui apparaît clairement, c’est que Basile s’est mis, dès l’origine, en parfait accord avec Athanase, et c’est l’œuvre d’Athanase qu'il a voulu défendre et continuer. Son mot d’ordre a été : une seule substance et trois hypostases. Il n’a prétendu autre chose qu’expliquer la foi de Nicée, en ce qui concerne la doctrine générale de la Trinité, et la préciser en ce qui concerne le Saint- Esprit, à propos duquel, comme Athanase, il la jugeait trop vague. Il a aidé à formuler ces précisions, sans aller aussi avant cependant que son ami Grégoire de Nazianze,