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LUE
la liberté politique et de l’indépendance nationale. Des
orateurs comme Basile, Grégoire de Nazianze, Chrysostome, s'ils ont partagé les défauts littéraires de leur
temps, se sont montrés pleinement dignes de la tâche
qui les appelait. Aucune époque n’a connu un artiste
(4) Dialogue des Orateurs, XXX VI.
plus raffiné que le second, ni un tempérament d’orateur plus riche et plus puissant que celui du dernier. L'Église n’a pas eu de prédicateurs plus efficaces qu'ils ne le furent tous les trois.
Nous avons insisté d’abord sur ce progrès de l’éloquence, parce qu'il caractérise, avant tout, la littérature du rve siècle. Mais les autres genres ont bénéficié largement, eux aussi, des conditions nouvelles qui étaient faites à l’Église. Tous, du reste, étaient, depuis longtemps, devenus des tributaires de la rhétorique. C’est ainsi que l’on retrouve aisément dans le traité, sous ses différentes formes, les principaux caractères du discours. Le terme même de logos s’applique d’ailleurs à peu près indifféremment à l’un comme à l’autre. Par rapport aux siècles précédents, ce qui est à noter, c’est que le traité dogmatique prend une importance beaucoup plus consi-
dérable, et que le traité polémique tend à ne plus viser
principalement les mêmes adversaires. Le développement de la théologie, que suscite la controverse arienne, rend nécessaires les exposés doctrinaux, et ils se multiplient depuis Athanase. La polémique se tourne naturellement contre les hérésies les plus récentes et les plus périlleuses. Il y a bien encore des Apologies contre les païens ou contre les juifs ; mais elles n’ont qu’un intérêt secondaire, à moins qu’elles ne revêtent la forme d’une réfutation d’un pamphlet païen, comme le Contre les Galiléens de Julien ; ces dernières seraient pour nous très instructives ; malheureusement nous n’avons conservé aucune de celles qui datent du 1rv® siècle. L’effort des controversistes devait se porter contre Arius et ses successeurs, dont Eunome fut le plus remarquable.
Le passé déjà long qu'avait l'Église aurait disparu dans l’oubli sans le secours de l’histoire. La période des origines se recouvrait d’obscurité. On ne savait plus
sur tout le premier siècle, sur la prédication de Jésus et sur les missions apostoliques, que ce qu’apprenaient ou laissaient entrevoir les Évangiles, les Épîtres de Paul, les