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Grégoire avoue implicitement qu’il n’est pas parfait, en rappelant que Basile parlait au peuple, dans une église pleine, et qu’il était obligé de s’accommoder à ses auditeurs, dont beaucoup, nous l’avons vu, étaient de simples artisans. Il se gardera de contredire en rien un homme dont les écrits ne le cèdent en autorité qu’à l'Écriture ; : il va seulement proposer des hypothèses, comme on le fait dans les écoles, et n’en tentera pas moins ainsi, avec l’aide de Dieu, tout en gardant au texte sacré son sens propre, d’exposer une théorie bien liée de la création. Après avoir posé en principe que chez Dieu volonté égale science et puissance, il essaie assez hardiment de concilier l'idée même de création avec celle d’un développement progressif, avec ce que nous appellerions évolution, en disant qu’ « à la puissance et à la science employées à
(2) Cf. pour l’interprétation plus détaillée du traité et pour les sources : Fr. Hirr, Des Heiligen Gr.von Nyssa Lehre vom Menschen, Cologne, 1890 — K. Gronau, Poseidonios und die jüdisch-christliche Genesisexegese, Leipzig, 1914.
to bahe pour h réalisation de henri des parties du monde succède un enchaînement (1) nécessaire conformément à un certain ordre. Tout ce qui arrive selen un certain enchaînement et selon la sagesse de Dieu, peut
être appelé parole de Dieu ». La parole divine est, en ;
somme, assimilée au verbe séminal (logos spermaticos) des
stoïciens, sans que le terme technique soit cependant
employé. Ce que notre raison explique logiquement (x Toÿ axokovbov), Moïse a dû l’exprimer historiquement. Ces. ï vues générales donnent au second traité une valeur exceptionnelle et sont au nombre des plus hardies qui
aient été émises dans l’Église, postérieurement à Origène,
pour éviter un conflit entre la science et l’ Écriture prise s$ au sens strict ; conflit que Grégoire, tout comme Origène, ne pouvait pas considérer autrement que comme une ‘pure apparence, parce que, comme Origène, il était aussi
croyant que décidé à ne pas croire l'absurde. Il veut d’ailleurs être assuré, philologiquement, du sens véri-
table qu’il faut donner au texte sacré, et il lui arrive de
préférer la traduction de Symmaque, ou celle d’Aquila, ou celle de Théodotion à celle des Septante (2). À propos de la
création de la mer (2), il revient à l’obligation où doit se
sentir tenu le commentateur de présenter une explica-
tion parfaitement cohérente : « I] me semble qu’il convient, en nous attachant à ce principe, de ne pas laisser
se rompre la cohérence de l'exposé, auquel nous conduit
la considération des vraisemblances, qui nous guide comme par la main vers la vérité. » La nature est tou-
jours en mouvement et en transformation ; les quatre éléments ont à la fois entre eux des différences et des correspondances qui facilitent le passage de l’un à l’autre. La création des luminaires doit s’expliquer aussi rationnellement que celle des mers : « Qu’à la production de chacune des merveilles qui ont été créées, préside une