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He la loi au médecin ; mais, en tout cas, comme Grégoire l’a dit déjà, les faits eux-mêmes attestent la réalité
de l'apparition d’un Dieu sur terre. Car c* est. depuis lors que le monde a été transformé, ’idolâtrie vaincue, le
Temple détruit, etc. Si l’on fait appel au raisonnement, on voit d’ailleurs que l’incarnation est le seul mode de guérison de la nature humaine qui mette en action, comme il convient, tous les attributs de Dieu: puissance d'abord, mais aussi justice, bonté, sagesse. La justice, notamment, sur laquelle Grégoire insiste, exigeait que le démon, devenu maître de l° humanité, reçût un dédommagement et il est curieux de noter que le néoplatonicien et l’allégoriste que nous connaissons accepte si crûment l'idée du parent au diable d’une rançon apparente, qui n’est qu'une duperie (1), mais dont le diable bénéficiera finalement, puisque — J'Origéniste reparaît ici — ce n’est pas seulement « l’homme qui sera guéri du vice,
mais l’auteur du vice » (2). Une autre objection des
incrédules est le long délai qui s’est écoulé avant l’intervention rédemptrice de Dieu. La réponse est qu'il fallait attendre que le mal fût arrivé à son comble. Mais, réplique-t-on, le mal n’a pas disparu aujourd’hui ? — Ce sont les dernières convulsions du serpent frappé à mort. — Mais la foi n’est pas encore partagée par toute l'humanité ? — À nous de faire le bon ou le mauvais choix, selon notre libre-arbitre, que Dieu ne peut vouloir
contraindre : car ce serait supprimer la vertu. — Mais
Dieu ne pouvait-il s’épargner une mort infâme ? —
C’est ne rien comprendre au mystère, puisque cette mort
‘est le but même de l’incarnation et constitue le moyen par lequel la rédemption s’est opérée.
On voit quelle place prédominante tient dans le Te.
(1) Cf. ch. xn-xmnr, et le ch. xxvr où Grégoire s’applique à justifier la duperie. — Sur cette théorie de la rançon, cf. les articles de M. Rr-
| vière, Revue des Sciences religieuses, 1929.
(2) Mériprer, p. 125.
pe
cours catéchétique la doctrine de l’Incarnation rédemptrice.
Grégoire ajoute à l’exposé qui précède quelques considé-
rations symboliques sur la signification de la Croix. IL explique ensuite comment s’opère la régénération par . le baptême, ou plutôt 1l essaie de montrer que la naissance charnelle est pour nous tout aussi obscure que la renaissance spirituelle ; ïl commente et interprète les rites. Il enseigne avec le même détail la doctrine de lJ'Euchanistie, et l’interprétation qu’il-donne de ce sacre-
ment est restée classique dans l’Église grecque jusqu’à :
saint Jean Damascène.
Il se donne alors à lui-même l'assurance qu'il vient
d'exposer complètement « les questions qui intéressent la religion (1) », sauf.en ce qui concerne la théorie de la foi, sur laquelle il se bornera à quelques mots, et termine par des considérations élevées où réapparaît son inspiration néo-platonicienne et origéniste : supériorité de la naissance spirituelle sur l’autre, parce que la première est notre œuvre propre æt l’eflet d’un libre choix; détachement qu’elle opère de da nature sensible pour nous ramener au monde intelligible et immuable, où
réside la Trinité. L'enseignement catéchétique qu'al vient |
d'achever a conduit celui qui l’a reçu jusqu’à ce grand acte du baptême et de la régénération. Mais il faut persévérer après le baptème. CA tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu (2) à. Il faut témoigner qu’on l’est devenu. Alors on jouira dans la vie future des biens dont l’excellence surpasse toute expression. Si l’on est mort pécheur, on subira un châtiment dont rien non plus ne peut ici-bas donner une idée. « Feu » ou « vers »— quand l’Écriture en parle, — ne sont que des images. Puisque telle est la différence du sort qui nous attend, et qu’elle dépend de la dibre
(2) Zb., p. 195. | (3) Exposé abrégé ; pour plus de détail, il renvoie à ses écrits antérieurs et particulièrement, semble-t-il, au Contre Eurome.