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de notre frère. Mon âme était RDA HO : ele.
débordait de douleur, à la pensée de cette perte, et 1 cherchais, pour pleurer avec moi, quelqu'un qui eût un . chagrin aussi lourd que le mien. Quand nous fûmes en présence l’un de l’autre, la vue de celle qui m'avait. élevé renouvela mon affliction ; car elle était déjà elle- même dans un état de faiblesse qui présageait la mort.
Elle, comme ceux qui s'entendent à conduire les chevaux, me laissa un moment m’abandonner à l’entraînement de mon émotion ; puis elle chercha à me faire sentir le | frein, en ramenant mon âme à la raison par ses propres . arguments. Elle me rappela le mot de l'Apôtre, qu'il à ne faut pas s'affliger à propos de ceux qui se sont endormis ; FA car c’est là le fait de ceux qui n’ont pas d'espérance ».
Il y a plus de rhétorique dans la peinture que fait alors |
Grégoire de la mort et de son horreur. Macrine décide que "1 | Grégoire — qui paraît y être si bien disposé — fera l’avocat pue du diable ; elle se charge de confirmer elle-même le mot | de l’Apôtre. Croire que, le corps une fois dissous, rien ne subsiste de l’homme, c’est s’abaisser au rang des Épib pt
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tence de Dieu garantit l’immortalité de l’âme ; car l’homme est un microcosme, où l’âme joue le même rôle } que Dieu dans le monde. Supprimez le monde : reste Dieu ; supprimez les sens, reste l’âme ; ce qui ne veut pas. | dire que l’âme soit identique à Dieu, dont elle est seule- ment l’image. Elle appartient au monde intelligible ; . elle est présente partout dans le corps. — Soit, dit Grégoire, s’il s’agit seulement de l'intelligence ; mais que penser des deux autres éléments de l’âme platonicienne, le » désir et le courage (erbvuix, Guués) ? Macrine lui répond . que la question est obscure; mais qu’il faut rejeter l’attelage de Platon, renoncer aussi à suivre Aristote et. i les autres philosophes, et prendre pour règle l’Écriture. Les deux éléments en question sont communs aux êtres. raisonnables et aux êtres sans raison ; ils ne sont donc
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pas essentiels à la nature humaine. Ils sont'en nous; mais on peut les dominer. Les passions sont des verrues qu'il faut faire disparaître. — Cependant, dit Grégoire,
certains sentiments sont généreux. — Oui, convient
Macrine. Nous n’avons pas fait les distinctions nécessaires,
Il faut être plus précis. Elle explique alors le plan de la création et la gradation des êtres, depuis les vêgétaux jusqu’à l’homme. L'homme, venu le dernier, réunit en lui toutes les manifestations de la vie. Les passions ne sont pas mauvaises en elles-mêmes : l'homme doit leur commander, comme il lui a été donné de commander aux êtres sans raison. Le Verbe est comme un bon cocher — et ainsi reparaît Platon, exorcisé tout à l’heure. Grégoire approuve nettement toute cette ‘théorie, mais se demande si elle est confirmée par l’Écriture. —— Macrine, pour ‘trouver cette confirmation, recourt à la parabole de Jivraie. — Grégoire réfléchit un instant, «et, sans continuer le propos, pose brusquement une autre question : qu'est-ce que l’Hadès, que le grand réceptacle des âmes ? — Tu ne m'as pas écoutée assez attentivement », répond Macrine. L’Hadès n’est qu'un mot, qui désigne le passage du monde visible à l'invisible (1). — Mais on croit au contraire que l’Hadès est un lieu souterrain. — Macrine rejette cette conception grossière avec force oonsidérations cosmographiques. D'ailleurs
l'âme n’a pas de lieu. — Mais Grégoire objecte le texte de .
Paul (Ép. aux Philipp, LH, 40). Macrine l'interprète -allégoriquement, et revient à ses considérations cosmographiques. — Soit, acquiesce Grégoire ; l'âme existe ; lle est immortelle. Nous avons démontré tout cela. Mais, séparée du corps, comment peut-on la reconnaître ? — Macrine a besoin d’un moment de réflexion,tet répond par une première comparaison (celle d’une peinture) ; puis par une seconde (celle du potier). Gomme Grégoire “bjecte à ses vues méoplatoniciennes histoire du
(1) Jeu de mots, déjà. platoniciens.
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LÀ LE VS Er el SE :
RÉGOIRE DE NYSSE. SUR L’AME Riche et de Lazare, avec ses localisations matérielles, Macrine use de nouveau de l’allégorie, et finit par trouver | dans cette parabole le plus belenseignement platonicien sur AU le détachement de la matière. — A «es théories sub- tiles, Grégoire objecte, en revenant à ce qui a été dit. des deux éléments del’âme autres quela pensée, qu’enles supprimant, on à supprimé toute l’activité de l'âme. Comment même désirera-t-elle le bien ? -— Macrine | répond par de belles pages, dont la beauté ‘est due à cet ES idéalisme néo-platonicien qui a si souvent inspiré Gré- + goire, et elle cherche dans l’admirable morceau de Paul sur la charité l’équivalent de :cette philosophie sublime. L'âme eontemple Dieu dans la beauté. Elle a dépassé RE le désir, le souvenir, l'espérance ; elle «est tout entière à fe
sa jouissance, et l’objet et le sujet arrivent à se compénétrer. Cette méditation mystique aboutit à une formule que Clément d'Alexandrie eût contresignée : la gnose Ur devient amour, amour perpétuel, sans assouvissement 4 possible. Ces idées ont été reprises, nous l’avons vu, par Grégoire vieilli, dans les meilleures pages de sa : Vie de Moïse. ae Macrimne ‘donne ‘ensuite une exphcation tout à fait :ori- / géniste de la purification progressive de d'âme. Alors, objecte Grégoire, ce n’est pas le Jugement de Dieu (ce n’est pas le feu) qui punit des coupables, c’est leur propre conscience. Macrine n’en disconvient pas ; la souflrance * morale est en proportion de la culpabilité. « Car il faut que le mal soit un jour anéanti absolument «et de toute . manière, «et, comme mous l'avons déjà dit, que ce qui est véritablement non-être ne soit plus aucunement. Puisque, hors de la volonté libre, la mature n’admet pas Je mal, quand toute volonté sera unie à Dieu, äl faudra que le mal disparaisse entièrement, puisqu'il n'aura plus de réceptacle (1) » C’est peut-être le passage ‘où
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catégoriquement
Grégoire a admis le plus d’Origène. 4
+ velles sur les peines, qu’il faut examiner de près pour les concilier avec lui, et d’autres pages sur notre état bienheureux dans la liberté reconquise, qui, par l'élévation de la pensée et l’ardeur . du sentiment, peuvent compter parmi les plus belles que la littérature chrénu tienne du rv® siècle ait produites. Nous descendons de
hellénique en la métempsychose, que Grégoire, bien entendu, rejette, tout en cherchant à dégager le pressentiment de vérité qu’elle lui semble contenir, et pour examiner la question du moment où sont créées les âmes. Grégoire, origéniste en ce qui concerne la fin des choses,
Quand le nombre des âmes sera complet, alors arrivera
Ce morceau capital est suivi de considérations nou- …
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ces hauteurs pour passer à une discussion de la croyance …
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rejette catégoriquement la doctrine de la préexistence. |
cette fin. — À ce moment Grégoire a peur que Macrine 14 n’expire avant d’avoir éclairci toutes les difficultés, et. a il exprime sa crainte. — Macrine se flatte de n’avoir rien ER omis. — Grégoire objecte que la question même de la ie résurrection n’a pas été traitée explicitement, et, quoique
Macrine réplique qu’elle y a au moins touché, c’est par l'examen du problème que se termine Île traité. On peut regretter, au point de vue de l’art, qu’il n’ait pas une conclusion personnelle qui corresponde au préambule. ;
Le petit écrit sur les enfants morts prématurément a été composé sur la demande du préfet de Cappadoce, Hiérios,
par Grégoire, déjà vieux. Comme tous les ouvrages dédiés. à un haut magistrat, il a un long exorde, d’un caractère. très sophistique. La discussion mème du problème —.
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sat i d’ailleurs insoluble — est assez faible et se continue
dans un style très fleuri (1).
Grégoire le Thaumaturge}, cf. tome II, p, 505.
(1) Pour le Traité sur Pâme (P. E., XLV, 187), attribué aussi à
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sont assez courts et n’ont qu’un intérêt secondaire. Celui
chrétien et ce qu’il promet est une courte lettre, où Gré-
goire déclare qu'il va parler à son ami à cœur ouvert,
conte l’anecdote connue du singe savant d'Alexandrie, qui oublie son rôle dès qu’on lui jette une noisette ; il développe ensuite l’idée que le christianisme est, par définition, limitation de la vie du Christ, c’est-à-dire de la nature divine. THIS
Le traité : Sur la perfection et quel doit être le chrétien,