ARE PARTS LE CHRISTIANISME ŒET LE PAGANISME
| presque tes Rppavatt) à un Nesrae degré le souci de
respecter les règles et de. se conformer aux habitudes s0ciales.
La poésie elle-même ne s’est plus contentée de satis-
faire à certains besoins liturgiques. Apollinaire de Laodicée et Grégoire de Nazianze ont voulu doter la littéra-
ture chrétienne de poèmes qui pussent faire bonne figure à côté des poèmes profanes. Le premier, si ce que l’on.
raconte du rapport de son entreprise avec la loi de Julien sur l’enseignement des lettres profanes est exact,
n’a conçu son projet que sous la pression des eircOns-
tances, pour répondre à un besoin passager, et il n ’est pas à présumer que la perte à peu près totale de son
œuvre soit regrettable. Grégoire avait un rare talent, et
une âme ouverte à ces épanchements que la poésie ly-
rique favorise. Il lui est arrivé d’obtenir quelques bonnes réussites, et de faire entendre parfois même un accent
nouveau. Toutefois son œuvre, dans l’ensemble, sent
l’artifice, et la poésie chrétienne grecque au 1v® siècle
est demeurée inférieure à la poésie latine, telle que la
représentent Prudence ou Paulin de Nôle.
Points de contact et d'opposition entre le christianisme et le paganisme. — Le conflit entre le christianisme ét le paganisme, qui se dénoue au 1v° siècle au bénéfice de la religion nouvelle, durait depuis trois siècles déjà. Presque dès l’origine, l'Évangile, dès qu'il s’était répandu hors de la Palestine, c’est-à-dire aussitôt après la mort
de Jésus, s’était développé dans un milieu, qui, quoique
mêlé d'éléments très divers d’origine, avait une assez
grande homogénéité et était pénétré, plus ou moins pro-
fondément dans ses diverses parties, par üne même culture. Les mêmes événements politiques, les mêmes transformations des mœurs et du goût, de la philosophie et des lettres, avaient déterminé ce développement. Il était inévitable que les deux croyances, que les deux cultes, malgré leur opposition foncière, aboutissent parfois à un contact. Nous observons aujourd’hui, dans la mêlée
* des partis, un phénomène analogue. Entre partis politiques qui, par leurs actes collectifs comme par les paroles de leurs représentants, s'opposent furieusement, entre sectes religieuses dont chacune revendique pour elle seule le privilège de détenir la vérité et de procurer le salut, nous constatons cependant certains accords plus ou moins conscients. Il y a un esprit du temps, fait d’une moyenne entre les tendances dominantes de toute provenance, qui souffle un peu partout et finit par inchner malgré elles, dans un même sens, presque toutes les volontés.
Il importe, pour comprendre en toute sa complexité la pensée chrétienne au 1v® siècle, de bien apercevoir en quels points, dans leur marche parallèle, le christianisme et le paganisme étaient arrivés à se rapprocher ; on devient ainsi plus capable de mieux juger la gravité de leur opposition persistante, en dépit de ces affinités partielles. Envisageons successivement ce double aspect des choses en matière de théologie, de morale et d’exégèse.
Quand on se contente d’une lecture superficielle, on peut avoir l'illusion que païens et chrétiens sont fort proches de s’entendre sur la nature de la divinité, et que le monothéisme a fini par triompher dans le monde ro-
main tout entier. Les païens parlent de Dieu (Bec, ou
Deus) comme les chrétiens (1); ils parlent aussi, en employant un terme plus vague, de la divinité (rù Oeïoy, divinitas). Les orateurs officiels surtout, dans leurs panégyriques, aiment à tenir ce langage. En réalité, ces expressions, qui sont vagues et sont choisies souvent à dessein, précisément à cause de leur imprécision, recouvrent des conceptions tout à fait différentes. Le polythéisme traditionnel pouvait trouver déjà dans Homère l’idée d’un souverain des Dieux, autour duquel les autres forment comme une cour plus ou moins obéissante. La
philosophie néoplatonicienne, d’autre part, ramenait
{1} Pour Libanios, voir les relevés précis de Missox, chapitre 11.
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