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SAINT JEÂN CHRYSOSTOME “a Bibliographie. — Le centenaire de Chrysostome, en 14927, a provo-
qué diverses publications, parmi lesquelles celle de Dom Baur, Saint Jean Chrysostome et ses œuvres dans l’histoire littéraire (Recueil de travaux publiés par les membres des Conférences d'Histoire et de Philologie de l’Université de Louvain), Louvain et Paris, 1907 ; les jugements de Dom Baur sont un peu étroits, mais son enquête bibliographique est très complète et très instructive. — ÉpiTions GÉNÉRALES : jusqu’à la fin du xvrié siècle, nombreuses publications de traités ou de discours isolément ou par groupes assez restreints (cf. Baur) ; première édition générale en 12 volumes, par HENRY Savize (8 volumes in-f°), Eton, 1612 (remarquable pour l’époque, | et très utile encore aujourd’hui) ; éd. Fronton pu Duc (six vo- lumes, Paris, 1609-1624), complétés par Cs. Morez et S. Cra- | morsx (six nouveaux volumes, 1636). — Édition de Monrraucon (1)
(Paris, 1718-1738, 13 volumes) ; cette édition fait le fond de
nécessaire : 1° pour l'établissement du texte ; 20 pour la séparation des œuvres authentiques et des œuvres apocryphes ou suspectes, dont le nombre est très considérable, Sur les manuscrits — extrêmement nombreux — ef. pour une vue générale : Baur, p. 28 et suiv. Études préparatoires de Paurson, Symbolæ ad Chrysostomum pairem, I, Il, Lund, 1889-90 ; Notice sur un manuscrit de Chrysostome utilisé par Érasme et conservé à la Bibliothèque royale de Stockholm, ib., 1890 ; Branpr, dans la Theologische Literaturzeitung de 1908 ; Mvysrakipes dans le Nios [otuy
Louzer, Rudolstadt, 1837-40 ; Opera selecta, par Düsxer (collection Dipor), Paris, 1861 ; — des homélies sur saint Mathieu,par Frec (3 volumes, Oxford, 1839) ; homélies sur. l'Évangile de saint Paul, par le même, Oxford, 1845-62) ; reproduite dans P. G.; Traité du Sacerdoce, par BENGEt, Stuttgart, 1725 ; SELTMANN
(1) Cette édition a été plutôt faite, semble-t-il, sous Ja direction de Montfaucon, qu’exéeutée par lui dans le détail ; cf. Baur, p. 86,
celle de Miene, P. G., 47-64. — Une édition critique serait très
de 1920. — Éprrions PARTICULIÈRES, Opera præstantissima, par
(avec un commentaire), Paderborn, 1887, et surtout Narmn, Cambridge, 1906. — TRADUGTIONS FRANÇAISES : des œuvres complètes, par JEANNIN (avec le texte grec), Bar-le-Duc, 41863-7 ; par l’abbé Bareizce, Paris, 1865-73 ; — extraits dans la collection les Mora-. listes chrétiens, par Pu. E. Lecrann, Paris, 1926 ; — sur les traductions .en latin (dont la première, celle d'Anranus DE CELEDA remonte au commencement du ve siècle) (P. G., 50), en syriaque, en arménien, etc., cÎ. BAUR. :
SuR LA VIE ET LES ŒUVRES. — Les sources anciennes sont, avec les œuvres de Chrysostome lui-même, principalement le Dialogue de
Parranius (sur l'identification de l'auteur avec celui de l’Histoire Lausiaque, ci. Burcer dans les Xpvusostouxa, Siudi ericerche intorno a S. Giovanni Crisosiomo, a cura del comitato per il XV centenario della sua morte, Rome, 1908, fascicule I) ; texte dans P. G., 47 ; édition Cozeman Norron, Cambridge, 1928 ; quelques autres textes réunis dans le même tome de la P, G.; SOocRATE, SozoMÈNE, THÉODORET, Zosime. — TizzemonT, Mémoires, XI ; Sricrine, dans les Acia Sanctorum du mois de septembre, IV, Anvers, 1753 ; la Vita, que Montfaucon a mise en tête de son édition ; Neanper, Der heilige Chrysosiomus und die Kirche, Berlin, 1821-22 ; E. Marin, Saint Jean Chrysostome, 3 vol., Montpellier, 1860 ; A. Puecm, Un réformateur de la société chrétienne au IVe
siècle, saint Jean Chrysostome ei les mœurs dé son temps, Paris, 1891 ;.
saint Jean Chrysostome dans la collection les Saints, Paris, 1900 ;
.6e éd., 19238 ; le travail le plus récent est celui de LIETzMANN, dans
PEncyclopédie de Pauly-Wissowa, tome IX. |
SUR LE CONFLIT DE CHRYSOSTOME AVEC LA COUR, AMÉDÉE THIERRY ; Nouveaux récits de l’histoire romaine aux IV® et Ve siècles, Paris, 1856 ; Funx, dans Kirchengeschichiliche Abhandlungen, tome LS
F. Lupwiä, Der heilige Chr. in seinem Verhælinis zum byzan-
tinischen Hof, Braunsberg, 1883 ; P. Usazpi, La Sinodo ad quercum dell'anno 403 (Mémoires de l’Académie de Turin, 1903).
Sur CHRYSOSTOME ORATEUR, PAUL ALBERT, saint Jean Chrysostome considéré comme orateur populaire, Paris, 1858 ; Næcezr, J, Chr. und sein Verhæltnis, zum Hellenismus, dans la Byzantinische Zeitschrift, 1904 ; Chr. und Libanios, dans les Xpvoostouuxa, I; AMERINGER, The stylistic influence of the second sophistic on the Panegyrical Sermons of S. J. Chr. (dans les Patristic Studies de l'Université catholique d'Amérique, Washington, t. V.) ; Dre ginson, The use of the optativ mood in St. J. Chr., Washington,
Sur LA CHRONOLOGIE de la vie de Chrysostome et de ses écrits, cf.
principalement Rauscaen, Jahrbücher der christlichen Kirche unter den Kaiser Theodosius den Grossen, Fribourg en Brisgau,
SUR LES QUESTIONS D’AUTHENTICITÉ, SOUVEnt délicates, voir les indications de Baur, notamment celles qui sont relatives aux travaux de HAIDACHER. Le
Biographie. — Jean est né dans une des familles no-
tables de la grande ville d’Antioche, au milieu du 1v° siècle, entre 344 et 347 (1). Son père s’appelait Secundus et sa mère Anthousa. Le père était magister militum Orientis ; il mourut jeune, peu après la naissance de son fils (2) ; la mère n’avait alors que vingt ans. Elle ne consentit jamais à se remarier ; elle éleva Jean avec un dévouement et une vigilance admirables, se préoccupant à la fois de
lui donner l’éducation chrétienne la plus pure et de lui | assurer l'instruction classique la plus accomplie ; le dé- !
chargeant de tous les soucis matériels ; admimistrant elle-même son patrimoine avec prudence et avec intelligence. La tâche lui était facile ; car l’enfant avait l’âme ardente, mais pour le bien, et il ne paraît pas, quand il parvint aux années périlleuses de l’adolescence, avoir couru jamais les mêmes dangers qu’Augustin ; il se développa toujours dans le même sens, avec harmonie et ‘ sagesse. La reconnaissance que Jean devait à Anthousa s’est exprimée tout entière dans un morceau célèbre de son traité à une Jeune veuve (ch. 11) : « Je me rappelle qu’un jour, quand j'étais jeune, mon maître (3) (et c’était le plus superstitieux de tous les hommes) (4) rendit hommage, devant une nombreuse assistance, à ma mère. Comme il demandait à ceux qui étaient auprès de lui, selon sa coutume, qui j'étais, et que l’un d’entre eux lui répondit que j'étais le fils d’une femme veuve, il se fit dire par moi l’âge de ma mère et la durée de son veuvage ; je répondis qu’elle avait quarante ans, et qu’il y en avait vingt depuis qu’elle avait perdu mon père ; lui alors,
(1) C’est ce qui semble résulter notamment de ce que Jean dit lui-même Ad viduam juniorem, ch. n1, cf. NæceLx, Chrysostomos und Libanios, loc. cit. Sur la famille de Chrysostome, voir encore Palladius, Dans un article récent (Zeitschrift für Katholische Theologie, 1928), le Père Baur se prononce pour l’année 354.
(2) Qui avait été précédée de celle d’une fille (Palladius, ibid.).
(3) soptorny to Émv.
(4) Le mot signifie souvent, dans la langue des chrétiens du rv® siècle, attaché au paganisme ; c’est le sens qu’il a ici.
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plein de surprise, s’écria, en regardant l’assistance : Ah ! quelles femmes on trouve chez les chrétiens ! Tant une pareille conduite», le refus d’un second mariage, «provoque d’admiration et d’éloge non seulement chez nous, mais chez les païens ! ». Il est bien vraisemblable que ce maître, ainsi désigné comme un dévot obstinément attaché à l’ancienne religion, est Libanios, et l’entretien doit se placer au début de ses relations avec Jean, dont il ignore encore l’origine (1). |
L’anecdote semble donc confirmer la tradition, rapportée déjà par Socrate (H. E., VI, III), selon laquelle Jean aurait été l’élève de Libanios. Celui-ci a enseigné à. Antioche depuis 354 ; il est naturel qu'Anthousa ait tenu à faire donner à son Le l’enseignement du maître le plus célèbre, et elle savait sa foi trop bien établie pour risquer d’être ébranlée par la fréquentation d’un professeur païen. Par contre, il est douteux que la lettre de Libanios à un certain Jean, auteur du panégyrique d’un empereur et de ses fils (2), ait été adressée à celui que la postérité a appelé Chrysostome, et le mot que l’on a prêté au sophiste mourant, qui aurait répondu à ceux qui lui demandaient qui parmi ses disciples était le plus digne de le remplacer . « Jean, si les chrétiens ne nous l'avaient pas volé »,
(4) Le seul point qui pourrait faire hésiter est la surprise dont parle Jean ; car Libanios avait eu lui-même une excellente mère. Mais la surprise est une interprétation de Jean ; l'admiration fait honneur à Libanios.
(2) Cette lettre est due à Isidore de Péluse, Ép. IT, 42 ; elle porte le n° 1576 dans la correspondance de Libanios. NæGeze la croit authentique, sur l'autorité d’Isidore, grand admirateur de Jean et qui a pu être bien informé à sonsujet. Il n’est pas impossible que Jean, comme Basile et Grégoire, ait, à un moment de sa jeunesse, tenu le rôle de rhéteur, et Socrate, VI, III semble indiquer qu’il en eut au moins l'intention. [1 n’y fait toutefois lui-même aucune allusion, tandis que Basile et Grégoire nous ont renseignés sur leur propre cas. Il est difficile, s’il s’agit de Chrysostome, d'identifier l’empereur et les fils de l’empereur qu’il aurait célébrés ; Næceze est obligé de supposer qu’il s’agit d’un discours fictif sur Constantin, ce qui est peu vraisem-
blable,
C us ie X LA LITTÉRATURE GRECQUE.
n’est sans Abu. pas plus authentique su la SRE dés mots historiques. | Jean était admirablement doué pour l’éloquence ; sila Ur. ; appris à l’école de Libanios tous les secrets de la rhéto- # rique, et 1l les a appris d’un maître dont l’enseignement manquait de profondeur comme celui de tous les sophistes contemporains, mais qui au moins faisait profession de préférer l’éloquence classique à l’éloquence asiatique et … avait un culte presque exclusif pour Démosthène. Nous verrons qu'il est aussi habile qu’un autre, quand ille veut, à balancer les membres de phrase parallèles, ou à oppo- : ser les antithèses, et à pratiquer toutes les autres recettes à la mode. Mais il en use avec discrétion, et il y ajoute ses qualités propres, que nous définirons quand nous le verrons à l’œuvre. Socrate lui donne un autre maître, le philosophe Andragathios, qui nous est inconnu par » ailleurs, et dont nous ignorons même à quelle école il se rattachait. Nous verrons aussi que dans ses traités,dans ses homélies même, il prouve qu’il connaît les idées essen- ! tielles des moralistes profanes, et qu’il est familier avec : Evan: leurs méthodes d'exposition ou d’exhortation. Mais l'in- | fluence de l’éducation classique est restée sur lui pure- | ment formelle. On ne peut douter qu'il n’aimât l’éloquence ; on ne trouvera cependant nulle part, dans les ‘ œuvres de son âge mûr, aucune de ces effusions, aucune de Ex ces confidences auxquelles Grégoire de Nazianze se lais- : sait aller si volontiers. Il n’a rien écrit qui n’eût une | intention pratique ; il n’ajamais demandé aux lettres, encore moins à la poésie, une consolation ou une distraction. Il ne parle jamais des grands écrivains classiques, es quoiqu'il les connût bien, avec cet élan d'amour, avec a cette reconnaissance émue, que Grégoire leur gardait, en Fa les condamnant du bout des lèvres. Au contraire, il y a plus de sérieux dans les appréciations sévères qu’il porte HAE sur la littérature ou la philosophie profanes. Rien ne trahit dans le morceau que j’ai déjà cité, qu’il eût gardé un attachement du cœur à Libanios. Il lui est arrivé même,
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insinuer l’esprit de l’hellénisme. Il aimait cependant alors
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, RENE CARS RS A RP A DAC QR ASE ER dans un autre de ses ouvrages, le Saint Babylas, où il ‘cite des fragments dé sa monodie sur Daphné, de le traiter Fa :. sans ménagements (1). Il n’y a pas eu de conflit violent en son âmeentre les disciplines du passé et la foi nouvelle,
Il a pu tirer profit des premières, en acceptant d'elles dese préceptes de composition et de style, sans aucun cher # | ras, ni aucun trouble. Il était, à dix-huit ans, trop profon-
r mas , \ : ie 4 NE dément chrétien pour qu’'Homère ou Platon pussent lui |: ,, : L ARE LE