‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 134 sur 200 · RE · texte numérisé non relu

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les études auxquelles il se livrait, et d’autant plus qu'il Va ne semble y avoir vu aucun péril. La préface d’un de ses écrits tout au moins, le traité du Sacerdoce, l’atteste en termes formels, mais dont la brièveté contraste avec É l'abondance des épanchements de Grégoire. Dans cette” préface, qui raconte une aventure personnelle peut-être un peu romancée, où 1l est impossible pourtant qu'il se soit prêté des sentiments qu’il n'aurait pas éprouvés, il dit, en parlant de lui-même et d’un ami: « Nous nous adonnions aux mêmes études, et nous avions les mêmes maîtres. Pareils étaient l’ardeur et le zèle que nous inspi- : 5 raient les études ; pareille notre conduite, et réglée sur AU

les mêmes principes. »

Conformément à l’habitude qui régnait encore, pen- DA dant la première moitié du 1v® siècle, même dans des” familles très pieuses, Jean ne reçut le baptème que tard) 14 46 sans doute vers 369, de la main de l'évèque Mélèce (2).

(1) Voir les deux articles de NxceLe, déjà cités. Nægele montre, et ce n’est pas difficile, dans l’œuvre de Jean les souvenirs de ses lectures profanes ou la connaissance des règles de l’art d'écrire ; il lui est impossible de prouver que l'influence .de la culture classique sur son esprit et sa sensibilité ait été plus profonde, et analogue à celle qu'a subie Grégoire de Nazianze. — Voir d’autre part, sur les études classiques, des textes comme In Joannem;, 1 ; in Genesim, 22 ; In Ep. ad Eph., 21 ; etc. | V4

(2) La date n’est pas sûre ; Palladius (loc. cit.) rapporte qu’il fut baptisé par Mélèce, resta trois ans sous sa direction, et fut nommé par lui lecteur ; cette consécration est en tout cas antérieure à la Pâque de 372, époque où Mélèce était déjà en exil ; cf. RausoHEN, loc, cit.,

Mélèce, qui occupa le siège de 360 à 386, et Diodore, plus tard évêque de Tarse (378- 394), complétèrent l'éducation religieuse qu’il avait reçue d’Anthousa. Le premier, pasteur dévoué à son troupeau, dont le caractère étaitmodéré, fut plutôt un homme d’action qu’un théologien; mais il se montra attaché fidèlement à la foi de Nicée, quoique sa foi, à l’origine, n’eût pas été à l’abri de tout soupçon, et que les purs de la communauté d’Antioche se fussent groupés autour d’un autre chef, Paulin. Diodore fut un savant remarquable ; avec Théodore” de Mopsueste, il représente par excellence l’école exégétique d’Antioche, moins entêtée d’allégorie que l’école alexandrine, et plus respectueuse du sens littéral. Cet esprit est celui même qui inspire les commentaires de l’Écriture, dans les homélies de Jean, et qui leur donne tant d'intérêt et d’efficacité (1). |

A l'influence de Mélèce et de Diodore, il faut joindre, selon Sozomène (2), celle d’un ascète, Carterios. Après son baptême, après qu'il se fut entièrement détaché des études profanes, Jean, comme tous les grands chrétiens de son

siècle, a entendu l’appel du désert. Il nous a raconté, au

début du traité sur le Sacerdace (1, V), comment son ami Basile le pressait de fuir le monde avec lui,etilnous a ree dit les plaintes touchantes de sa mère, qui vint le trouver, au pied du lit où elle l’avait mis au monde, lui rappela tous les sacrifices qu’elle avait faits pour lui et parvint à le retenir. (J’ai déjà dit que l’histoire dans laquelle Chrysostome a encadré l’exposé de ses idées est peut-être inspirée de l’Apologie de Grégoire de Nazianze, en sorte qu’on est en droit de se demander s’il faut en prendre tous les détails à la lettre. Mais le morceau que je viens de citer est certainement conforme à la réalité. Il reste plus d'incertitude sur ce qui suit. Chrysostome raconte qu'on voulut, un peu plus tard, faire de Basile et de lui des évêques, et, que lui-même, en laissant ignorer

(1) Cf. sur Mélèce et Diodore, supra, p. 446 et suiv. (2) H. E., VIIL, 2,

son dessein à son ami, préféra se be Si cette Mit n’est pas seulement imaginée pour l’affabulation du Traité, d’après celle de MER de Nazianze, elle doit se placer vers l’année 373.)

En cédant aux larmes de sa mère, Jean ne fi avait accordé qu’un répit. En 374 ou 375, il réalisa son rêve, et fut moine pendant six ans, quatre ans dans un couvent

comme cénobite, deux ans plus durement, en anachorète

dans une caverne (1), jusqu’au moment où sa santé fut menacée par les austérités auxquelles il s'était condamné, et, où peut-être aussi, sentant maintenant achevée sa pré- | parationintérieure, il pensa aux devoirs envers autrui, dans l’accomplissement desquels une nature active, enflammée du zèle de la charité autant que l’était la sienne, devait trouver sa vocation véritable. Rentré à Antioche, il fut ordonné diacre en 381 (2), par Mélèce, revenu lui-même de son exil. En 386, après la mort de Mélèce, Flavien, qui lui avait succédé — les Méléciens continuant à ne pas vouloir Paulin pour chef — l’ordonna prêtre. C’est alors que commence, avec sa prédication, la grande période de son existence. Pendant son diaconat, il a annoncé ce qu'il devait être, en composant un assez grand nombre de traités déjà fort remarquables : les deux (?) livres à Théodore ; les trois livres Contre les adversaires de la Vie ca Monastique ; la Comparaison entre le Roi et le Moine; les deux livres sur la Componction ; les trois livres à Stagire ; la consolation à une jeune veuve; le traité contre Julien en l'honneur de saint Babylas ; et surtout les six livres sur le Sacerdoce.

Nous avons conservé la première homélie qu'il prononça aussitôt après son ordination. Il avait alors un peu dépassé la quarantaine, ou en approchait, selon qu’on

(1) Cf. Pazzaorus, ch. v.

(2) La date se tire de Socrate, VI, 2, selon lequel Has devint évêque de Constantinople le 16 février 398, et de MARCELLINUS Comes (ad annum 398), selon lequel il avait été antérieurement diacre pendant cinq ans et prêtre pendant douze ; cf. Rausonen, p. 115.

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