TT IE EE
JEAN CHRYSOSTOME Er EurRoPrE 13 pe pendant cette longue crise que ne cessa pas d’être | son épiscopat — et nous avons vu que la première homélie, si belle qu’elle soit, est déjà écrite dans une manière beaucoup plus asiatique que n’avait été généralement celle de Jean à Antioche (1). Il faut reconnaître cependant MA qu'ici l’un ou l’autre défaut sont poussés fort loin. Mais Ÿ je suis beaucoup plus frappé pour ma part d’un autre caractère. Le développement sur l’Église, principalement “f dans la partie où l’orateur explique comment elle a pu. PNR être qualifiée à la fois de courtisane et de vierge (2), atteint l'extrême limite d’un mauvais goût qui n’était certainement pas aussi sensible à un public du 1v® siècle RS qu'il est intolérable à un lecteur moderne, mais dont je LA ne crois pas qu’on puisse retrouver dans aucun autre pa WU discours de Jean un exemple aussi choquant. La fraude ea du paradoxe sophistique s’y allie avec le raffinement. de à l’allégorie philonienne ; l’exaltation artificielle d’un NET Himérios avec l’extase du chrétien devant le miracle, reconnu à tout prix dans les manifestationsles plusimpré- 11004 vues. C’est le bon sens de Jean, c’est sa raison ordinairement si ferme, malgré la chaleur de sa passion, que nous nous étonnons de ne pas retrouver ici. Est-ce l’élève de Dio- 4 dore qui proclame aussi crûment qu’on ne doit pas « s’en 70 tenir à la simplicité du sens littéral ? (3) » Peut-on croire que Chrysostome, que le lecteur assidu de Paul, l’orateur qui, soit à Antioche, soit à Constantinople, n’a cessé de relire et d'expliquer les Épîtres, ait parlé de ses missions chez les Thraces, les Scythes, les Indiens, les F Maures, les Sardes et Les Goths (4)? Toute cette seconde
partie de l’homélie ne peut être due qu’à une rédaction extrêmement libre, à moins qu’elle ne soit complètement apocryphe.
(1) De plus Montfaucon a raison de dire que, si l’on compare les deux parties de la seconde homélie uniquement au point de vue du style, il n’y a pas de différence réelle entre l’une et l’autre.
(2) P. G., ibid., 405-406 (et déjà colonne p. 402).
(3) Ib. 403, $ 8.
(4) $ 14, colonne 409,
> 33, —\t, TIT
.On est d’ ANtant plus porté à croire 1 moins faire cette fois une part très large al interpolation que, lorsqu'on passe aux discours qui ont immédiatement süivi la seconde homélie sur Eutrope, si l’on y retrouve le | style asiatique qui paraît être devenu celui de Jean à po ee le ton est relativement plus sobre, et l’ima- gination moins fantasque. Tel est le cas de l’homélie prononcée en 400, après la révolte de Gaïnas et l’exil de Saturnin et Aurélien ; événements où Jean avait joué un rôle important, avec succès. [Il s’excuse d’avoir gardé Je silence, et il explique comment il n’a pas ‘perdu son temps dans l'intervalle ; il peint la situation de Constantinople, pendant que les Goths de Gaïnas menaçaient la ville, en termes aussi expressifs qu'il avait peint les désordres suscités par la chute d’Eutrope, et il reprend sa prédication contre l’amour excessif de la richesse, cause de tous les maux. Il termine par un panégyrique de Job, Dont il introduit l’histoire par la formule habituelle aux rhéteurs, quand ils préparent un dcrnua. Il en est de même de deux discours très brefs, qui ne nous ont été * transmis que dans une traduction latine, mais dont l’au- : thenticité ne prête à aucun soupçon. Le premier a marqué sa reprise de contact avec son auditoire, après son retour d'Asie. Il y exprime avec chaleur sa joie, et y félicite les fidèles de la conduite qu’ils ont tenue en son absence (1). Le second a un sujet plus particulier, et, si court qu'il “soit, il est fort intéressant par le ton. C’est celui où, réconcilié plus ou moins facilement avec Sévérien de Gabales par la volonté d’Eudoxie, il présente à son troupeau l’évêque syrien, dont il avait eu fort à se plaindre, et demande qu’on lui fasse bon accueil. La tâche était délicate, non seulement parce que Chrysostome ne pouvait
st as ;
ZUU x Mg v2)
Fr
(1) On peut faire entrer ce discours dans une des catégories sophistiques, celle des allocutions qu’un sophiste prononçait quand, après une absence, il reprenait contact avec ses élèves. Nous en possédons plusieurs exemples.