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à chaque instant les Apologistes. Sa catéchèse IX, sur la création, est un hezæméron en ‘raccourci ; l'influence d’Irénée est sensible dans ce qui est dit de l’incarnation et de la rédemption.
Étant donné les jugements défavorables que des Latins comme Jérôme ou Rufin, et même, nous l’avons vu, certains Grecs ont portés sur les débuts de Cyrille, il importe surtout de se demander quelle est dans les catéchèses sa doctrine de la Trinité. On a le droit de dire, comme on le fait d'ordinaire, qu’elle est inspirée de l'esprit de Nicée, et que Cyrille professe, contre les Ariens, l’éternité du Fils (1), contre les Macédoniens,la divinité du Saint-Esprit (2). La formule qu’il aime à répéter est qu'il faut se garder de deux périls, celui de « rendre le Fils étranger au Père, et celui de croire, en les confondant, à une Filiopaternité (Yioraropiæ) ». Il veut donc proscrire et l’arianisme et le sabellianisme, et prendre la position moyenne entre ces deux erreurs, ce qui est, nous l’avons vu, constamment répété par Basile ou par Grégoire de Nazianze. Mais on ne doit pas négliger de remarquer que Cyrille est au nombre de ces orthodoxes, dont a parlé Athanase, qui, en acceptant la doctrine de Nicée dans son esprit, répugnent à la terminologie qui l’exprime. Il n’a jamais employé le terme essentiel, l’homoousios (3) ; il était évidemment de ceux qui le rejetaient comme n'étant pas pris de l’Écriture. Il va même plus loin que de se refuser à parler le langage de Nicée ; il en emploie un qui était périlleux, quand il dit (IV, 7) que le Fils est «semblable quant à tout à celui qui l’a engendré » (ours xaT& Toivtæ T@ yenoavtt), Ou, en variant simplement la préposition, qu’il lui est « semblable en tout » (éy r&ow, XI, 4). Il ne dit pas que cela, il est vrai, et il ne dissi-
(1) Voir la Catéchèse XI.
(2) Deux homélies lui sont consacrées : la XVI et la XVITE.
(3) Le mot ne se trouve dans nos manuscrits qu’une fois (XVII, 32, et il est certainement interpolé ; pour la finale de la Lettre à Constance, cÎ. infra.
bee dans le voisinage des Homéens. \ Outre le sabellianisme et l’arianisme — qu 71l condamne. red sans les nommer — Cyrille a combattu d’autres hérésies. 1 Il attaque certaines formes du gnosticisme ou même le. marcionisme, plutôt pour suivre la tradition que pour parer à un danger du moment ; mais il a au contraire considéré comme très menaçant, ainsi que tous ses contem- FA ; porains, le manichéisme. La catéchèse VI, quoique 134 pa. visant encore d’autres erréurs, lui fait la première place, Le Es et contient dans sa dérnière partie toute une histoire plus ou moins exacte, mais détaillée et curieuse, de ses
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fi pres et de sa propagation (1).
vé.
Si la valeur dogmatique — non point la valeur histo- É d Édque — des catéchèses de Cyrille a peut-être êté un peu trop louée, peut-être inversement sa “culture littéraire | a-t-elle été jugée trop sévèrement. Doué des meilleures. # qualités du catéchiste, il n’avait pas, il est vrai, un talent ‘4 écrivain très personnel. De la liberté d’allure qu ’1l garde Na dans ses exposés clairs, mais sans plan rigoureux, où Ÿ d’une certaine familiarité dans le ton qui convient à un enseignement élémentaire, il ne faut pas. cependant conclure qu’il n’eût pas de prétention à l’éloquence et n’eût pas reçu une bonne formation scolaire. Il est encore. plus imprudent de déduire d’une phrase par laquelle il est caractérisé dans les Ménées (2) qu'il avait une certaine.